John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prise en charge des carcinomes endocrines bien différenciés de l’intestin grêle Volume 15, numéro 5, Septembre-Octobre 2008

Auteurs
Fédération des spécialités digestives, hôpital Édouard-Herriot, pavillon H, 69437 Lyon cedex 03, France, Inserm U865, hôpital Édouard-Herriot, pavillon H, 69437 Lyon cedex 03, France

La prise en charge d’un carcinome endocrine bien différencié fonctionnel de l’intestin grêle doit être double : contrôler le syndrome sécrétoire et proposer un traitement antitumoral. L’existence d’un syndrome carcinoïde associant flushs et diarrhée, secondaire à une sécrétion tumorale non régulée de sérotonine, traduit la présence de lésions secondaires le plus souvent hépatiques. Le contrôle de ce syndrome sécrétoire, prioritaire dans la hiérarchie thérapeutique, passe par la prescription d’analogues de la somatostatine. L’exérèse de la tumeur primitive devra être discutée même en présence de métastases à distance devant une mésentérite rétractile, une souffrance ischémique d’une anse grêle ou un syndrome subocclusif afin de traiter ou d’éviter une complication aiguë, notamment lors de la prescription initiale d’analogues de la somatostatine. Dans un second temps, seront évoquées, dans le cadre d’une concertation pluridisciplinaire, les différentes possibilités thérapeutiques antitumorales. La résection chirurgicale des lésions intrahépatiques ne sera proposée que devant la possibilité d’une exérèse complète de toutes les lésions, et si celles-ci impliquent une résection hépatique majeure après un temps d’observation. En cas de métastases non chirurgicales, la (chimio)embolisation des lésions intrahépatiques reste l’option thérapeutique de choix. En présence de lésions diffuses non évolutives, la simple surveillance doit rester la règle. Une chimiothérapie, de l’interféron ou une radiothérapie métabolique ne seront proposés que devant des lésions documentées progressives. Il convient à chaque étape de la maladie de réévaluer la possibilité d’une résection chirurgicale, pouvant aller dans des cas exceptionnels, après plusieurs années d’évolution uniquement intrahépatique, jusqu’à la proposition d’une transplantation hépatique. Enfin, il faut souligner l’intérêt majeur d’inclure ces patients porteurs de pathologie rare dans des essais thérapeutiques prospectifs testant de nouvelles stratégies ou modalités de traitement (thérapies ciblées, nouveaux radio-isotopes, etc.).