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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prise en charge de la constipation induite par les opioïdes en 2019 Volume 27, numéro 1, Janvier 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
  • Figure 6

Tableaux

Auteurs
1 CHU de Rouen, Hôpital Charles-Nicolle, Service d’hépato-gastroentérologie, INSERM UMR1073, 1 rue de Germont 76031, Rouen Cedex
2 CHU de Rouen, Service de gériatrie, 1 rue de Germont 76031, Rouen Cedex
3 Hospices civils de Lyon, Hôpital Édouard-Herriot, Service d’exploration fonctionnelle digestive, Lyon ; Clinique Protestante, Caluire et Cuire
4 Clinique Saint-Antoine, Nice
5 CHU Rennes, Service des maladies de l’appareil digestif, Université Rennes, INSERM, Institut NUMECAN (Nutrition Metabolisms and Cancer), Rennes
6 Hôpital Nord Service d’hépato-gastroentérologie, Assistance Publique Hôpitaux de Marseille, Aix-Marseille Université, Marseille
* Correspondance

La prescription d’opioïdes est en augmentation constante dans la prise en charge de la douleur. Un des principaux effets secondaires digestifs est la constipation induite par les opioïdes (CIO). Celle-ci peut être sévère et aboutir à un arrêt du traitement antalgique et à un soulagement inefficace des douleurs, avec un risque majoré chez la personne âgée. Ces effets secondaires digestifs résultent de l’activation des récepteurs μ2 situés sur le tractus gastro-intestinal, à l’origine de troubles de la motricité, de la sécrétion-absorption et de la coordination des sphincters. La CIO est définie selon les critères de Rome IV comme l’apparition ou l’aggravation d’une constipation sous opioïdes. Une autre cause de constipation (médicamenteuse, secondaire à une maladie…) doit avoir été éliminée au préalable. Le Bowel Function Index (BFI) et l’échelle de Bristol sont deux outils simples qui peuvent aider le clinicien dans l’évaluation de la CIO. Le traitement de la CIO repose avant tout sur la prévention avec l’information du patient de la survenue possible d’une constipation sous traitement, et de l’enrichissement en fibres dans l’alimentation avec une hydratation suffisante en particulier chez les personnes âgées. En cas d’échec de ces mesures, elle sera traitée en première intention par des laxatifs « standards » : osmotiques, stimulants puis en association si besoin. En cas de réponse inappropriée aux laxatifs, une classe thérapeutique spécifique (Peripherally-Acting μ-Opioid Receptor Antagonist : PAMORA) peut être proposée en deuxième intention en l’absence de contre-indication. En France, le naloxégol en prise orale et la méthylnaltrexone en injection sous-cutanée sont les deux représentants de cette classe thérapeutique indiqués dans le traitement de la CIO.