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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prévention et prise en charge des complications des immunosuppresseurs chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) Volume 20, numéro 4, Avril 2013

Auteurs
Hôpital Saint-Antoine, service de gastro-entérologie et nutrition, 184 rue du faubourg Saint-Antoine, 75571 Paris CEDEX 12, France ; UPMC Univ Paris 06, GRC n o 03, SUVIMIC, F-75012, Paris, France

Les immunosuppresseurs sont utilisés de plus en plus tôt, souvent et longtemps au cours des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). La prévention et la prise en charge des complications liées à ces traitements sont essentielles. La myélotoxicité des thiopurines et du méthotrexate justifie une surveillance hématologique tout au long du traitement. L’hypertension portale secondaire aux thiopurines et la pneumopathie induite par le méthotrexate contre-indiquent de façon définitive la poursuite de ces traitements. Le risque d’infections sévères est augmenté sous immunosuppresseurs. Avant traitement, la vaccination contre la varicelle est indiquée chez les patients sans antécédent de varicelle. Le fait d’éviter les thiopurines doit être discuté chez les jeunes patients séronégatifs pour EBV, surtout les garçons, du fait du risque de mononucléose infectieuse mortelle. La prise en charge des infections sévères sous immunosuppresseurs doit être multidisciplinaire. Le risque de lymphome est augmenté sous thiopurines. Chez les hommes jeunes (< 30 ans), il faut éviter si possible la poursuite d’une bithérapie par thiopurines et anti-TNF au-delà de 2 ans, pour éviter les très rares lymphomes T hépatospléniques. Le risque de cancers cutanés épithéliaux liés aux thiopurines et de mélanomes liés aux anti-TNF justifie une surveillance dermatologique tout au long d’un traitement par anti-TNF, et à vie en cas d’exposition aux thiopurines. Un dépistage annuel des lésions néoplasiques du cancer du col utérin est recommandé chez les patientes sous immunosuppresseurs. Le risque de récidive tumorale lié à l’immunosuppression est à évaluer de façon individuelle avant introduction d’un traitement immunosuppresseur chez les patients ayant un antécédent personnel de cancer. L’indication des immunosuppresseurs doit rester prudente et contrainte chez les sujets âgés qui sont à risque élevé d’infections sévères et de lymphomes sous traitement.