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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prérequis avant la mise en route d’une chimiothérapie pour cancer colorectal Volume 16, numéro 6, novembre-décembre 2009

Auteurs
CHU Reims, Hôpital Robert Debré, Hépato-gastroentérologie et cancérologie digestive, avenue du Général Koenig, 51092 - Reims Cedex

Des paramètres généraux et spécifiques sont à prendre en considération avant la mise en route d’une chimiothérapie pour cancer colorectal dans des conditions de sécurité optimale. La prescription est réglementairement réservée aux médecins spécialistes ou compétents en cancérologie dans des établissements agréés. Le respect des indications, des contre-indications et des posologies, ainsi que la connaissance des précautions d’emploi, des interactions médicamenteuses et des effets secondaires sont des prérequis généraux indispensables. Le patient, son entourage et son médecin traitant doivent être informés des effets secondaires, sans oublier certaines thématiques (sexualité, fertilité, contraception, vaccinations, conduite). Cette information doit être simple, adaptée et « rassurante », en insistant toutefois sur les symptômes qui doivent « alerter » sur la survenue d’une toxicité grave. Elle peut être optimisée par une consultation infirmière, la remise du programme personnalisé de soins (PPS) et d’un carnet de liaison, notamment pour les chimiothérapies orales (capécitabine, UFT). La prescription informatisée et standardisée est faite après vérification de la voie d’abord veineuse, des paramètres cliniques (état général, nutritionnel et bucco-dentaire), anatomo-pathologiques, radiologiques et biologiques. La prise en charge des effets secondaires comporte l’éducation du patient, la prémédication adaptée et la prescription de soins de support préventifs. Des mesures préventives spécifiques peuvent atténuer les effets secondaires cutanés des anti-EGFR, et neurologiques de l’oxaliplatine. L’espérance de vie, les comorbidités, le niveau de dépendance, et si possible l’évaluation oncogériatrique standardisée sont à prendre en considération chez les patients âgés. La prescription sera « individualisée » selon : la biologie hépatique (irinotécan), la fonction rénale (capécitabine et raltitrexed) et l’examen cardiovasculaire (bevacizumab, 5-FU, capécitabine). Des prérequis biologiques moléculaires sont indiqués (statut tumoral KRAS avant anti-EGFR, phénotypage MSI avant 5-FU dans les stades II) ou en cours d’évaluation (génotypage UGT1A1 avant irinotécan, et DPD avant fluoropyrimidines).