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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Platelet-activating factor (PAF) : propriétés biologiques et implications Volume 2, numéro 2, Mars - Avril 1995

Auteurs
INSERM U. 10 et service de gastroentérologie, hôpital Bichat-Claude-Bernard, 170, boulevard Ney, 75877 Paris Cedex 18, France.

Le facteur activant les plaquettes - platelet-activating factor (Paf-acéther ou PAF) - est, chez l'animal, le médiateur lipidique le plus ulcérogène identifié jusqu'à ce jour [1]. Le mécanisme de l'ulcérogenèse, malgré de nombreuses études depuis ces dernières années, reste encore à définir. En effet, le PAF possède diverses propriétés biologiques et on ne sait si toutes ou seulement une partie d'entre elles y sont impliquées. L'effet pro-inflammatoire est le plus significatif, résultant en l'activation des monocytes, des mastocytes, des polynucléaires et des plaquettes en provoquant la dégranulation de ces cellules avec les conséquences propres à chacune d'entre elles. Avec le chimiotactisme et l'effet autologue qu'il exerce sur ces mêmes cellules, il maintient et amplifie le processus inflammatoire. Avec l'activation de certains lymphocytes, il a fait son entrée dans le domaine de l'allergie et de la présentation antigénique. La mise en évidence de son récepteur sur les fibres musculaires lisses en fait également un régulateur du diamètre des organes creux (bronches, estomac, intestin, vaisseaux). Cependant, son rôle physiologique est peu connu. Dans ce domaine, il semble participer à l'implantation de l'oeuf embryon dans l'utérus et assurer le développement foetal, réguler la pression artérielle chez les mammifères et stimuler la glycogénolyse hépatique. Des travaux récents soulignent son importance dans la régulation de la sécrétion acide gastrique en le classant parmi les sécrétagogues les plus puissants comme l'histamine ou l'acétylcholine. Au plan de la physiopathologie digestive, c'est dans la maladie ulcéreuse duodénale et dans les colites inflammatoires qu'on lui reconnaît une place privilégiée. Dans les entérocolites, il est à la fois un maillon important du processus inflammatoire, des mécanismes de l'ulcérogenèse et de l'altération de la motricité digestive qui en découlent. Toutefois, le contrôle pharmacologique du PAF dans ces pathologies n'a pas abouti encore à une thérapeutique ciblée.