John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Peut-on rendre résécable un cancer du pancréas non (ou difficilement) résécable ? Volume 16, numéro 4, juillet-août 2009

Auteurs
Service de chirurgie digestive, hôpital Haut-Lévêque, Groupe hospitalier Sud, CHU de Bordeaux, Avenue de Magellan, 33604 Pessac France

La résection chirurgicale demeure le seul traitement potentiellement curateur de l’adénocarcinome du pancréas. Cependant, au moment du diagnostic, deux tiers des tumeurs sont non résécables soit en raison d’une extension métastatique, soit par envahissement des structures vasculaires cœliomésentériques. Actuellement, l’examen de référence pour déterminer la résécabilité est le scanner spiralé multibarrettes avec injection de produit de contraste. Lorsque la non-résécabilité est due à une extension locorégionale, il peut être effectué un traitement local plus intense tel qu’une radiothérapie externe associée à une chimiothérapie. Ce traitement peut permettre d’obtenir un downstaging de la tumeur, ce qui conduit des équipes ayant une expertise dans le traitement du cancer du pancréas à proposer une résection secondaire, possible chez 10 à 21 % des sujets. Mais, l’analyse des résultats de ces stratégies multidisciplinaires agressives est difficile en raison de l’absence de définition claire des critères de non résécabilité. L’évaluation de la résécabilité secondaire après radiothérapie est difficile, le scanner et l’échoendoscopie étant peu performants. Le taux sérique de CA19-9 pourrait aider à juger des possibilités de résection secondaire. Ainsi, seule l’exploration de la cavité abdominale complète et la dissection de l’artère initialement engainée, avec réalisation de biopsies multiples, demeurent le seul moyen d’affirmer la résécabilité ou la non-résécabilité, après radiothérapie.