John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Peut-on dépister le cancer du pancréas ? Volume 21, numéro 3, Mars 2014

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Hôpital de la Timone, service d’hépato-gastroentérologie, 264 rue St Pierre, 13385 Marseille Cedex 05, France
2 Faculté de médecine de Marseille, laboratoire de génétique et génomique fonctionnelle, UMR S_910, 27 boulevard Jean moulin, 13385 Marseille, France
* Tirés à part

Le pronostic de l’adénocarcinome du pancréas est sombre, y compris chez les patients ayant pu avoir une résection chirurgicale. Cependant, la survie de ces patients peut être considérablement transformée lorsque des lésions en dysplasie de haut grade ou de petits cancers peuvent être diagnostiqués. Trois lésions précancéreuses sont connues. Il s’agit des cystadénomes mucineux, des tumeurs intracanalaires papillaires mucineuses pancréatiques (TIPMP), et des pancreatic intra epithelial neoplasia (PanIN), ces dernières étant des lésions microscopiques dont seul le type 3 est clairement associé à un risque cancéreux. Parallèlement à ces lésions, plusieurs contextes génétiques conférant un risque élevé de cancer du pancréas sont connus : les syndromes de Peutz-Jeghers (STK11), sein-ovaire (BRCA1/2), du mélanome multiple familial (FAMM-CDKN2A) et la pancréatite chronique héréditaire. Plus récemment, le cancer pancréatique familial a été défini par la présence de deux apparentés au premier degré ayant eu un cancer du pancréas. À ce jour, aucun gène candidat n’a été mis en évidence. Les programmes de dépistage par échoendoscopie et IRM de ces individus à haut risque de cancer pancréatique, asymptomatiques, ont montré que des lésions kystiques pancréatiques étaient trouvées dans 30 à 40 % des cas. Le bénéfice de ces stratégies de dépistage est encore difficile à affirmer au regard de la faible incidence de lésions en dysplasie de haut grade et carcinome non invasif trouvés sur les pièces de pancréatectomie. La conférence de consensus publiée récemment suggère, dans cette population à risque, une surveillance annuelle par échoendoscopie et IRM et souligne la nécessité d’une prise en charge en centre expert.