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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Perspectives nouvelles dans le traitement des insuffisances hépatiques aiguës : foie bio-artificiel et transplantation auxiliaire Volume 3, numéro 5, Septembre - Octobre 1996

Auteurs
Service d'hépatologie et INSERM U24, hôpital Beaujon, 100, boulevard du Général Leclerc, 92118 Clichy Cedex, France.

Le traitement de référence de l'insuffisance hépatique fulminante ou subfulminante associée à une confusion ou un coma est la transplantation hépatique. Les inconvénients de la transplantation sont principalement le risque de transplanter des malades qui auraient guéri spontanément, le caractère imprévisible du délai d'obtention d'un greffon et la nécessité d'une immunosuppression au long cours. Le foie bio-artificiel est fondé sur l'utilisation d'hépatocytes en culture. Quelques systèmes, utilisant, soit des hépatocytes humains, soit des hépatocytes de porc, ont été expérimentés chez des malades atteints d'insuffisance hépatique aiguë. Il a été observé une amélioration neurologique transitoire et la correction partielle de certains désordres biochimiques. Toutefois, en l'absence d'étude clinique plus approfondie, ces résultats préliminaires ne permettent pas d'évaluer l'efficacité du foie bio-artificiel. La transplantation auxiliaire consiste à transplanter un greffon dont la taille est habituellement réduite, en laissant en place une partie du foie natif, susceptible de régénérer ultérieurement. Chez certains malades ayant eu une transplantation auxiliaire, on a observé une régénération suffisante pour qu'il soit possible d'arrêter l'immunosuppression et de supprimer ou de laisser s'atrophier le greffon. Cette technique complexe semble actuellement associée à une mortalité plus élevée que la transplantation totale orthotopique classique. Il est donc nécessaire de sélectionner les malades chez lesquels la régénération est susceptible d'être suffisante et, dans la mesure du possible, de réduire la mortalité et la morbidité péri-opératoires.