John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Optimisation des biothérapies dans la maladie de Crohn Volume 16, numéro 4, juillet-août 2009

Auteurs
Service gastroentérologie CHU St Etienne

Les anti-TNF sont confrontés à des échappements thérapeutiques chez presque la moitié des patients au long cours au cours de la maladie de Crohn. De nouvelles biothérapies (certolizumab, natalizumab, ustekinumab) ont fait l’objet d’études, mais pour l’instant aucune n’a clairement démontré son efficacité, certaines ont même entraîné des effets indésirables graves. Savoir optimiser les deux anti-TNF disponibles à l’heure actuelle dans les MICI est donc essentiel. Dans la maladie de Crohn luminale, en cas d’échec de la posologie standard de 5 mg/kg d’infliximab, l’augmentation de dose à 10 mg/kg permet une récupération de 90 % de réponses cliniques. Le raccourcissement des intervalles d’injection à 6 semaines n’est efficace qu’en pratique clinique mais n’a jamais fait l’objet d’étude scientifique. L’association des deux peut être proposée. L’option consistant à changer d’anti-TNF, adalimumab en 2 e ligne, ne doit se discuter qu’après échec de l’optimisation complète de l’infliximab. Une rémission clinique est alors retrouvée chez un patient sur 5. En cas d’utilisation d’adalimumab, en première ligne, dans la maladie de Crohn luminale, le raccourcissement des intervalles d’injection de 40 mg à une semaine, a montré une récupération de 45 % de rémission clinique. Quant à l’augmentation de dose à 80 mg d’adalimumab toutes les semaines, elle ne doit être réalisée qu’après avis d’experts. Dans la maladie de Crohn fistulisée, l’augmentation de dose de l’infliximab permet de retrouver une réponse clinique dans 57 % des cas. L’option de l’adalimumab en seconde ligne doit être discutée au cas par cas.