John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Nutrition et cancers digestifs Volume 16, numéro 3, mai-juin 2009

Auteurs
CRLC Val-d’Aurelle-Paul-Lamarque, service de nutrition et d’oncologie digestive, parc euromédecine, rue des apothicaires, 34298 Montpellier cedex 05, France

En cancérologie digestive, la dénutrition sévère est associée à une augmentation de la morbimortalité, à une réduction de l’efficacité thérapeutique, de la survie, de la qualité de vie et à une augmentation des temps d’hospitalisation. La meilleure attitude préventive de ces complications consiste actuellement à réaliser une évaluation systématique de l’état nutritionnel, puis un conseil diététique individualisé et précoce. Les compléments nutritionnels, avec ou sans immunonutriment, devraient être proposés selon des indications thérapeutiques précises. En effet, s’il est démontré que l’immunonutrition réduit les complications postopératoires de 50 % en chirurgie digestive carcinologique, l’utilisation de compléments enrichis en antioxydants est actuellement très controversée pour les patients en cours de radiothérapie ou de chimiothérapie. La nutrition artificielle s’adresse aux patients en dénutrition sévère soit en périopératoire, soit pour des traitements oncologiques non chirurgicaux à visée curative. La nutrition entérale doit être privilégiée. Enfin, pour les patients en palliatif, la nutrition artificielle doit être discutée avec le patient, la famille et l’équipe. Les bénéfices de ces traitements « agressifs » sont, dans ce contexte, discutables. Les patients nécessitant une nutrition artificielle pour séquelles thérapeutiques devraient être adressés en centre expert de nutrition en raison de la survie prévisible et des soins spécialisés nécessaires.