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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Nutrition artificielle et pancréatite aiguë Volume 10, numéro 4, Juillet 2003

Auteurs
Fédération d‘hépato‐gastroentérologie et de nutrition clinique, Hôpital de l‘Archet 2, 06202 Nice Cedex 03. E‐mail : xavier.hebuterneunice.fr

Les désordres métaboliques observés au cours de la pancréatite aiguë sévère se caractérisent par un accroissement des dépenses énergétiques, une intolérance glucidique, une protéolyse musculaire avec diminution des acides aminés plasmatiques. Au cours de la pancréatite aiguë, il est recommandé de laisser le malade à jeun afin de ne pas stimuler la sécrétion pancréatique. Dans les pancréatites peu sévères, la nutrition parentérale n‘apporte aucun bénéfice par rapport au jeûne associé à une perfusion de solutés glucosés. En cas de pancréatite sévère, le jeûne prolongé justifie une nutrition artificielle par voie parentérale ou entérale qui, administrée dans le jéjunum, apporte suffisamment de calories sans stimuler le pancréas. La supériorité de la voie entérale sur la voie parentérale n‘a pas été clairement montrée dans le traitement de la pancréatite aiguë sévère. Plusieurs arguments sont en faveur de la voie entérale. Elle permet le maintien de la trophicité et de la barrière intestinale. Quelques études d‘interprétations délicates suggèrent une amélioration du contrôle de la glycémie et une réduction des complications infectieuses et des défaillances polyviscérales. L‘apport énergétique doit être compris entre 30 et 35 kcal\kg\j, l‘apport protéique entre 1,2 et 1,5 g\kg\j, l‘apport en hydrate de carbone entre 3 et 6 g\kg\j et l‘apport en lipide d‘environ 2 g\kg\j (triglycéridémie < 12 mmol\L). Une supplémentation en arginine, glutamine, nucléotides et acides gras de la série n‐3 semble influencer favorablement les paramètres nutritionnels, immunologiques et inflammatoires des malades de réanimation sévèrement agressés. L‘immunonutrition ainsi définie n‘a cependant pas été évaluée en cas de pancréatite aiguë sévère. L‘intérêt de l‘administration de probiotiques comme les lactobacilles est en cours d‘évaluation. Il est suggéré qu‘ils s‘opposeraient à la croissance de micro‐organismes potentiellement pathogènes au cours de la nutrition entérale standard et limiteraient l‘incidence des surinfections.