John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Nouveau défi dans la prise en charge des toxicités hépatiques médicamenteuses : l’hépatite induite par l’immunothérapie anticancéreuse Volume 28, numéro 8, Octobre 2021

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteur
1 Hôpital Paul Brousse, Centre Hépato-Biliaire, Hépatologie et transplantation hépatique, 12 avenue Paul Vaillant Couturier, 94800 Villejuif
2 Unité INSERM 1193
3 FHU Hepatinov
* Correspondance

L’introduction de l’immunothérapie a révolutionné la prise en charge des patients oncologiques avec une amélioration de leur survie. Les Immune Checkpoint Inhibitors (ICI) provoquent l’activation du système immunitaire et par conséquent une rupture de l’immunotolérance vis-à-vis de la tumeur. Il n’est pas surprenant que l’immunothérapie soit compliquée d’effets secondaires immuno-médiés (immune-related Advers Events : irAEs). L’hépatite immuno-médiée constitue un défi de prise en charge vu l’hétérogénéité de sa présentation. Le diagnostic est un diagnostic d’exclusion et consiste à en écarter toutes les causes d’hépatite aiguë. La biopsie hépatique aide dans la confirmation du diagnostic. Elle est indiquée chez les patients les plus sévères. L’évaluation de la sévérité réalisée par les oncologues via la classification CTCAE (Common Terminology Criteria for Adverse Events) surestime la gravité de l’atteinte hépatique. La réévaluation par un hépatologue est importante car la sévérité influence la décision de mise en place d’un traitement immuno-suppresseur. L’amélioration spontanée du bilan hépatique avec l’arrêt de l’immunothérapie a été observée. La mise en place d’un traitement par corticoïdes doit être individualisée. Par contre, les patients qui ne répondent pas à de fortes doses de corticoïdes nécessitent l’introduction d’un deuxième immunosuppresseur, le plus souvent le mycophénolate mofétil. La réintroduction de l’immunothérapie après une toxicité hépatique est faisable et doit faire l’objet d’une discussion multidisciplinaire pour mettre en balance le bénéfice oncologique avec le risque de récidive de l’hépatite. Compte tenu de l’augmentation de prescription d’ICI seul ou en association avec d’autres traitements anticancéreux, l’incidence de la toxicité hépatique va probablement augmenter, d’où la nécessité d’améliorer la compréhension et la prise en charge de cette complication.