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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Mode de vie, diabètes et facteurs de risques cardiovasculaires, dix ans après la chirurgie bariatique Volume 12, numéro 2, Mars-Avril 2005

Auteur
  • Page(s) : 155-6
  • Année de parution : 2005

Auteur(s) : Thierry Piche

Sjöström L, Lindroos A-K, Peltonen M, Togerson J, Bouchard C, Carlsson B, et al. For the Swedish Obese Subjects Study Scientific Group. Lifestyle, diabetes, and cardiovascular risk factors 10 years after bariatric surgery. New Engl J Med 2004 ; 351 : 2683-93.

L’obésité est associée à une augmentation de la morbidité et de la mortalité [1]. Chez l’obèse, la morbidité dépend essentiellement de l’existence d’une insulinorésistance, d’un diabète, de l’hypertension artérielle et des dyslipidémies. On rappelle que les objectifs du traitement de l’obésité morbide selon l’ANAES (www.anaes.fr), qu’ils soient chirurgicaux ou médicaux, ne se limitent pas à l’obtention isolée d’une perte pondérale et s’inscrivent dans une stratégie de prise en charge plus globale des complications de l’obésité et du terrain psychologique sous- jacent. Les conséquences à long terme d’une perte pondérale sur la morbidité associée à l’obésité restent controversées. De nombreux auteurs ont observé qu’une perte de poids améliorait, voire prévenait, la survenue de l’insulinorésistance, du diabète, de l’hypertension artérielle et des dyslipidémies. En revanche, des études épidémiologiques ont montré une augmentation du risque cardiovasculaire et de la mortalité dans les suites d’une perte pondérale chez des sujets sains sans surcharge pondérale ou chez l’obèse [2, 3]. Les buts de la présente étude étaient d’évaluer les résultats à long terme de la chirurgie bariatrique chez l’obèse. Dans cette étude, les données obtenues après chirurgie bariatrique ont été comparées à celles issues d’un groupe de malades appariés ayant bénéficié d’une prise en charge médicale de l’obésité. Quatre mille quarante-sept malades ont été évalués à de deux ans et 1 703 à 10 ans. Les données biologiques étaient disponibles dans 86,6 % des cas à deux ans et 74,5 % des cas à 10 ans. À deux ans, le poids avait augmenté de 0,1 % dans le groupe traité médicalement et diminué de 23,4 % dans le groupe chirurgie bariatrique. Après 10 ans de suivi, les résultats étaient similaires avec une augmentation du poids de 1,6 % dans le groupe traité médicalement et une réduction pondérale de 16,1 % chez les malades opérés (p < 0,001). Tout au long de la période de suivi, la ration calorique était moins élevée et l’activité physique plus importante chez les malades qui avaient été opérés. Le contrôle des complications de l’obésité était meilleur dans le groupe chirurgie bariatrique, sauf pour l’hypercholestérolémie dont la diminution était similaire entre les deux groupes (figure 1). Chez les malades ayant bénéficié d’un traitement chirurgical de l’obésité, les taux d’incidence à 2 et 10 ans du diabète, de l’hypertriglycéridémie et de l’hyperuricémie étaient plus faibles que chez les témoins. Parmi les différentes procédures chirurgicales, les meilleurs résultats étaient observés après court-circuit gastrique. Cette étude montre clairement que les résultats à long terme de la chirurgie bariatrique sont bons et que le court-circuit gastrique apparaît comme l’intervention de choix en matière de chirurgie de l’obésité.

Références

1. Sjöström LV. Mortality of severily obese subjects. Am J Clin Nutr 1992 ; 55 : 516S-23S.

2. Pamuk ER, Williamson DE, Serdula MK, Madans J, Beyers TE. Weight loss and subsequent death in a cohort of U.S. adults. Ann Intern Med 1993 ; 119 : 744-8.

3. Pamuk ER, Williamson DF, Madans J, Serdula MK, Byers T. Weight loss and mortality in a national cohort of adults, 1971-1987. Am J Epidemiol 1992 ; 136 : 686-97.

Figure 1. Taux de guérison (% de malades) des complications de l’obésité dans les deux groupes (chirurgie bariatrique ou traitement médical) à  2 et 10 ans de suivi.