John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Mise au point : Troubles moteurs œsophagiens Volume 20, numéro 1, Janvier 2013

Auteurs
Hôpital Louis Mourier, service d’hépato-gastroentérologie, 92 700 Colombes ; Université Denis Diderot Paris 7, France, Hôpital Edouard Herriot, explorations fonctionnelles digestives, 5 place d’Arsonval, 69 437 Lyon, cedex 03 et Université Claude Bernard Lyon 1, France

Le diagnostic des troubles moteurs œsophagiens est fondé sur les résultats de la manométrie œsophagienne chez des patients se plaignant de dysphagie, de symptômes de reflux ou de douleurs thoraciques. L’apparition récente de la manométrie haute résolution (MHR) avec analyse topographique des pressions a modifié l’approche diagnostique des patients ayant des troubles de la motricité œsophagienne. L’achalasie, que l’on peut maintenant classer en 3 types selon les résultats de la MHR, reste le trouble moteur le plus connu, mais pas le plus fréquent, sans doute parce que plusieurs stratégies thérapeutiques ont été développées. La dilatation pneumatique du sphincter inférieur de l’œsophage doit être privilégiée comme traitement de première intention par rapport à la chirurgie. La myotomie œsophagienne per-endoscopique est une technique nouvelle, sans doute d’apprentissage difficile, qui pourrait avoir une place dans le futur si les résultats rapportés à court terme se maintiennent. Dans le groupe des œsophages hypercontractiles, comprenant la maladie des spasmes diffus et l’œsophage casse noisette, la MHR a permis d’identifier une nouvelle entité, l’œsophage marteau-piqueur. La prise en charge de ces syndromes est mal codifiée en absence de traitement réellement efficace. Les œsophages hypocontractiles sont sans doute les troubles moteurs les plus fréquents chez des patients se plaignant de reflux gastro-œsophagien ou de dysphagie. Il n’y a pas de traitements médicamenteux susceptibles d’augmenter la motricité œsophagienne. À moyen terme, il apparaît nécessaire d’identifier de développer de nouveaux traitements sur la base des mécanismes physiopathologiques mieux définis par la MHR.