John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Manifestations hépatiques de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine Volume 6, numéro 4, Juillet - Août 1999

Auteurs

L’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) constitue un terrain particulièrement favorable au développement de pathologies hépatobiliaires, tant par l’immunodépression qu’elle engendre, favorisant le développement d’agents microbiens, que par les facteurs de risque qu’elle partage avec les virus hépatotropes. Au cours de la première décennie de la pandémie d’infections à VIH, les atteintes hépatobiliaires observées étaient essentiellement le témoin de la dissémination d’agents opportunistes. Ainsi ont été décrites des infections hépatiques toxoplasmiques, à Pneumocystis, à mycobactéries atypiques et des localisations hépatiques et biliaires de maladie de Kaposi. L’avènement des antiprotéases à la fin des années 1990 a permis une nette régression de l’incidence de ces affections. Désormais, hépatologues et infectiologues concentrent leurs efforts sur l’évaluation de thérapeutiques efficaces des hépatites virales chroniques B et C, qui comportent des spécificités épidémiologiques et évolutives quand elles sont associées à l’infection par le VIH. Ainsi, une infection par le virus de l’hépatite C est présente chez les trois quarts des malades ayant un mode de contamination parentéral pour le VIH ; l’évolution vers la cirrhose est plus rapide et plus fréquente que chez les patients non infectés par le VIH. De même, 5 % à 10 % des malades ont une hépatite chronique B dont le traitement est moins efficace que chez les malades non co-infectés et présentent un risque accru de réactivation. Enfin, la polymédication (fréquente chez les malades infectés par le VIH) et l’abus d’alcool et/ou de toxiques (habituel chez les malades toxicomanes ou ex-toxicomanes) sont des facteurs délétères pour le foie et doivent être soigneusement évalués chez chaque malade.