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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et grossesse Volume 20, numéro 8, Octobre 2013

Auteurs
Groupe hospitalier Paris Sud, site de Bicêtre, service de gastroentérologie, 78 rue du Général Leclerc, 94240, Le Kremlin Bicêtre, France ; Université Paris Sud, Paris, France

Les grands principes de la prise en charge des patientes enceintes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) sont bien codifiés. Une supplémentation en folates doit être prescrite systématiquement chez les femmes désireuses d’une grossesse. Les patientes atteintes de MICI ont une fertilité normale, sauf celles qui ont une maladie de Crohn active ou une rectocolite hémorragique et une anastomose iléo-anale (AIA). Les carences nutritionnelles en folates, B12, fer et vitamine D doivent être recherchées et corrigées chez les femmes enceintes avec MICI. On conseille aux patientes d’être en rémission au moment de la conception. En effet, avoir une maladie active pendant la grossesse augmente le risque d’accouchement prématuré et de petit poids de naissance. Les médicaments des MICI peuvent être prescrits pendant la grossesse, sauf le méthotrexate. Les 6 thioguanines et les anti-TNF franchissent la barrière placentaire au troisième trimestre. On peut arrêter le traitement par anti-TNF à la fin du deuxième trimestre si la maladie est quiescente. Le mode de délivrance doit être discuté au cas par cas avec l’obstétricien ; la césarienne est généralement indiquée en cas de maladie périnéale active et d’AIA.

En pratique, les situations rencontrées sont très diverses et des incertitudes demeurent sur bien des points. C’est pourquoi, le dialogue entre la malade, l’obstétricien et le gastroentérologue avant et pendant la grossesse est essentiel pour que celle-ci se déroule le mieux possible.