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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Maladie de Crohn et cancer Volume 15, numéro 3, Mai-Juin 2008

Auteurs
Département de Pathologie Digestive, Hôpital Lariboisière, AP-HP, Université Paris 7, 2, rue Ambroise Paré, 75010 Paris

Depuis plusieurs années, il a été démontré que la maladie de Crohn (MC) est associée à un risque élevé de cancer colorectal. De plus, d’autres tumeurs sont également plus fréquentes en cas de MC, comme l’adénocarcinome de l’intestin grêle ou la survenue de lymphome. Il n’existe pas actuellement d’argument pour lier ce surrisque de lymphome et le traitement médical de la MC. Le suivi endoscopique des patients est un élément majeur pour diminuer la mortalité par cancer dans les MC. La carcinogenèse est ici spécifique et ne passe pas par les adénomes. A l’inverse, la dysplasie fait le lit du cancer et sa prise en charge doit être active. Il existe des indications de colectomie en cas de dysplasie de haut grade, confirmée par une seconde endoscopie et une relecture par un second pathologiste. De la même façon, les masses ou lésions associées à une dysplasie doivent conduire à la colectomie car leur exérèse endoscopique laisse en place la dysplasie environnante. Il n’existe pas de chirurgie préventive ni prophylactique, mais après 20 ans de colite diffuse, la probabilité de trouver une dysplasie de haut grade augmente de façon très importante, d’autant que des sténoses interdisent de réaliser des biopsies en amont. Le pronostic est identique à celui des adénocarcinomes sporadiques, tout comme les indications de traitement associé par radiothérapie et/ou chimiothérapie. Le suivi endoscopique en cas de colectomie segmentaire doit être régulier.