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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Lymphomes hépatiques Volume 14, numéro 4, Juillet-Août 2007

Auteur
Service d’Anatomie-Pathologie, Hôpital Beaujon, 100, boulevard Leclerc, 92118 Clichy Cedex

L’incidence des hémopathies lymphoïdes est en augmentation croissante depuis 50 ans et aurait même doublé ces vingt dernières années en Occident : elle oscille autour de 12 à 15 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants, ce qui correspond à 8 000 cas de lymphomes découverts en France chaque année. Moins de 30 % d’entre eux sont initialement extra-ganglionnaires, les sites de localisation les plus fréquents observés étant la peau et le tube digestif, en particulier l’estomac et l’intestin grêle. Malgré cette forte incidence, les lymphomes primitifs hépatiques restent rares, constituant moins de 0,1 % de tous les lymphomes non hodgkiniens. Par contre, une infiltration hépatique par un lymphome ganglionnaire ou extra-ganglionnaire est observée dans 5 à 20 % des lymphomes non hodgkiniens B ou T classés selon la classification OMS [1], car le foie est le viscère le plus fréquemment atteint après une diffusion hématogène à la moelle osseuse et à la rate ; le lymphome hépatique est alors « secondaire » et non primitif, de stade IV selon la classification d’Ann Arbor. La symptomatologie clinique est très variée, allant d’une découverte fortuite à un syndrome d’activation macrophagique lors d’hémopathie EBV associée. Nous aborderons successivement les lymphomes B primitifs et secondaires hépatiques, dont une partie survient lors d’infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC), puis les lymphomes T hépatiques, plus fréquents en Asie et de pronostic plus péjoratif, et enfin les atteintes hépatiques de lymphome de Hodgkin.