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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Lymphomes et maladies inflammatoires chroniques de l’intestin : facteurs de risque et impact sur la prise en charge Volume 25, numéro 3, Mars 2018

Tableaux

Auteurs
1 Hôpital Beaujon, Service de Gastroentérologie et Assistance Nutritive, Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, Université Paris VII, Clichy, France
2 Hospices Civils de Lyon, Centre Hospitalier Lyon-Sud, Service de Gastroentérologie, 69495 Pierre-Bénite, France ; Centre International de Recherche en Infectiologie, INSERM U1111, Lyon, France ; Université Claude Bernard Lyon 1, Lyon, France
3 CHU de Saint-Etienne, Service de gastroentérologie, Saint-Etienne, France
* Tirés à part

Le lymphome survient rarement au cours de l’évolution d’une maladie inflammatoire intestinale (MICI). Son incidence est cependant légèrement plus élevée chez les patients ayant une maladie de Crohn par rapport à celle de la population générale. Un sexe masculin et un âge avancé en constituent des facteurs de risque. Le sur-risque semble principalement lié à la prise de thiopurines, pouvant être à l’origine de lymphomes de type lymphome de l’immunodéprimé, liés à l’EBV. L’inflammation locale non contrôlée apparaît également comme un facteur de risque comme en témoigne l’incidence accrue de lymphomes primitifs intestinaux chez les patients ayant une MICI. Le lien entre la prise anti-TNFα en monothérapie et la survenue de lymphomes a longtemps été débattu dans les MICI mais de nouvelles données françaises récemment publiées par l’ANSM sont en faveur d’un sur-risque spécifiquement induit par les anti-TNFα. Les données concernant le méthotrexate sont issues de la polyarthrite rhumatoïde et plaident en faveur de l’absence de risque accru de lymphome. Par ailleurs, nous ne disposons d’aucun signal alarmant vis-à-vis des nouvelles biothérapies même si les données de suivi relatives à ces nouvelles molécules sont limitées. Bien qu’exceptionnels, des cas de lymphomes T hépatospléniques semblent survenir, particulièrement chez les hommes jeunes traités par combothérapie (anti-TNF et thiopurines). De manière similaire, les très rares lymphoproliférations post-mononucléose infectieuse invitent à la prudence quant à la prescription des thiopurines chez l’homme jeune séronégatif pour l’EBV. Outre la nécessité d’arrêter tout immunosuppresseur, le traitement des lymphomes survenant au décours d’une MICI ne diffère pas de celui des lymphomes classiques. Le choix des traitements de la MICI dans les suites d’un lymphome doit être discuté de manière pluridisciplinaire et ceux-ci doivent être adaptés individuellement.

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