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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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L’homocystéinémie, un nouveau marqueur de sévérité dans les MICI ? Volume 14, numéro 2, Mars-avril 2007

Auteur
Service d’Hépato-Gastroentérologie, CHU Nancy-Brabois, et Laboratoire Inserm U724

Une hyperhomocystéinémie modérée est fréquente chez les sujets atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Étant donné qu’une hyperhomocystéinémie est un facteur de risque reconnu de thromboses dans la population générale et que les patients avec MICI présentent un risque accru de maladie thrombotique, plusieurs équipes ont cherché à expliquer ce surrisque par une hyperhomocystéinémie. Aucune étude n’a pu à ce jour montrer une association entre métabolisme de l’homocystéine et thromboses au cours des MICI. En revanche, des données récentes suggèrent une relation entre homocystéine et sévérité de la maladie, ceci par le biais d’un stress cellulaire secondaire à l’hyperhomocystéinémie. Les anomalies épigénétiques (méthylation de l’ADN) associées à une hyperhomocystéinémie et à une carence en folates pourraient quant à elles expliquer, au moins en partie, l’augmentation du risque de cancer colorectal observée chez les malades souffrant de MICI. C’est pourquoi la recherche systématique d’une carence en folates et/ou en vitamine B12 (et d’une hyperhomocystéinémie) devrait faire partie de la prise en charge de tout malade avec une MICI. L’intérêt d’une supplémentation vitaminique en acide folique et/ou vitamine B12 mérite cependant d’être confirmé dans des études d’intervention.