John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Les hépatites virales Volume 2, numéro 2, Mars - Avril 1995

Auteurs
service d'hépato-gastroentérologie I et laboratoire de virologie médicale moléculaire, CHU de Grenoble, hôpital A.-Michallon, BP 217, 38043 Grenoble Cedex 09, France.

Les progrès accomplis concernant les hépatites virales au cours de cette dernière année portent essentiellement sur une meilleure connaissance des mutants du virus de l'hépatite B, de la structure du virus de l'hépatite C et des possibilités thérapeutiques. En ce qui concerne le virus de l'hépatite B, la mutation pré C semble seule insuffisante pour expliquer le polymorphisme clinique et biologique observé chez les patients ; d'autres mutations plus ou moins associées sont vraisemblablement nécessaires. Pour l'hépatite B, on connaît maintenant les limites du traitement par interféron et de nouvelles molécules voient le jour ainsi que de nouveaux concepts faisant appel en particulier à l'immuno-modulation comme l'apport récent de la vaccination. La structure du virus de l'hépatite C est maintenant mieux connue et l'importance de la virémie ainsi que du génotype semble indiscutable. A ce niveau, des techniques plus simples vont voir le jour, permettant un meilleur suivi clinique et biologique des patients ainsi d'ailleurs qu'une meilleure évaluation thérapeutique. La posologie et la durée optimale de traitement par interféron dans l'hépatite C reste encore à déterminer, mais la plupart des études suggèrent qu'un traitement minimal de 12 mois et qu'une posologie > 3 MUI sont vraisemblablement nécessaires, en particulier chez les patients non cirrhotiques. En dehors de l'interféron, seule la Ribavirine a fait la preuve d'une efficacité, toutefois modeste, dans cette affection. Le traitement de l'hépatite delta semble maintenant possible grâce à de fortes doses d'interféron pendant une durée de 12 mois. Enfin, l'épidémiologie de l'hépatite E est mieux connue grâce à l'apport des tests sérologiques ; en France, cette hépatite semble exceptionnelle et ne survenir que chez des patients ayant séjourné en zone d'endémie.