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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les hépatites et les atteintes des voies biliaires dues à l'amoxicilline-acide clavulanique Volume 5, numéro 1, Janvier - Février 1998

Auteurs

Les hépatites médicamenteuses sont un défi pour le clinicien en raison de la difficulté de leur diagnostic et des conséquences de la poursuite d'un traitement susceptible d'aggraver des lésions aiguës ou d'aboutir au développement de lésions chroniques. Les antibiotiques seraient responsables d'environ 15 % des cas. Parmi eux, l'association amoxicilline-acide clavulanique, très largement utilisée en médecine pédiatrique comme chez l'adulte, est impliquée dans la survenue d'hépatites et de cholangites. Les hépatites aiguës sont le plus souvent cholestatiques, mais des atteintes cytolytiques ou mixtes sont possibles. Elles peuvent se révéler plusieurs jours, voire plusieurs semaines, après l'arrêt du médicament, rendant le diagnostic d'autant plus difficile. Les principaux signes cliniques sont l'ictère et le prurit. Le sexe masculin, un âge supérieur à 65 ans et un traitement prolongé semblent constituer des facteurs de risque. Les atteintes des petits canaux biliaires sont plus rares. Comme pour les hépatites aiguës, elles se traduisent par un ictère simulant parfois une angiocholite lorsqu'elles s'associent à des douleurs abdominales. La distinction entre hépatite et cholangite repose essentiellement sur l'aspect anatomopathologique, mais les deux types de lésions peuvent coexister. L'évolution est habituellement favorable et la guérison complète s'observe en quelques semaines. Le mécanisme physiopathologique est inconnu mais plusieurs arguments sont en faveur d'une origine immuno-allergique. La réadministration d'amoxicilline n'est pas contre-indiquée.