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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les hépatites dues aux virus exotiques Volume 3, numéro 4, Juillet - Août 1996

Auteurs
laboratoire de virologie, CNRS EP 57, CERVI, hôpital Pitié-Salpêtrière, 83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France.

Les hépatites dues aux virus exotiques sont dues principalement aux virus des quatre familles suivantes : Flaviridae, Arenaviridae, Bunyaviridae, et Filoviridae. Le génome de tous ces virus est une molécule d'ARN. Le foie est l'organe atteint le plus fréquemment lors de ces infections virales. Cliniquement, ces hépatites sont graves par leur association à un syndrome hémorragique ; d'où leur nom de fièvres hémorragiques virales. Grâce au développement de nouveaux outils virologiques on découvre régulièrement au cours de ces fièvres hémorragiques des souches de virus jusque là inconnues. Ces virus ne sont pas nouveaux mais se manifestent parce que les conditions dans lesquelles ils préexistent depuis des millions d'années ont été modifiées. Le diagnostic en zone tropicale reste délicat car les hôpitaux de ces régions bénéficient de peu de moyens. Dans tous les cas, la mise en évidence d'une augmentation des anticorps sur une paire de sérums est majoritairement utilisée pour diagnostiquer une infection récente. Toutefois, il faut garder en mémoire l'existence de fausses réactions positives ou des réactions croisées dues à la présence de fragments d'antigènes communs à divers virus d'un même groupe. L'amplification de gènes permet de confirmer spécifiquement l'infection pour certains virus. Les moyens de prévention non spécifiques suffisent généralement pour éviter la propagation de l'épidémie. Il n'existe que deux vaccins efficaces contre les virus amiril et Rift. Le traitement reste essentiellement symptomatique. Un seul médicament antiviral, la ribavirine, s'est avéré efficace sur les fièvres de Lassa et de Crimée-Congo.