John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les facteurs de virulence des bactéries entéropathogènes Volume 5, numéro 1, Janvier - Février 1998

Auteurs

La virulence, ou pathogénicité, constitue l'aptitude d'une bactérie à induire l'apparition d'une pathologie infectieuse, et les facteurs de virulence sont les produits bactériens qui participent à la pathogénicité. Ces dernières années, l'étude de la virulence des bactéries pathogènes de l'intestin a considérablement progressé. Elle a abouti d'une part à une meilleure description des facteurs de virulence des bactéries intestinales, et d'autre part, à leur mise en rapport avec les étapes de la pathogénicité. Des travaux récents ont permis de montrer que les bactéries pathogènes, et particulièrement les bactéries entéropathogènes des genres Salmonella, Shigella et Yersinia, possédaient deux caractéristiques rémanentes : 1) un regroupement des gènes des facteurs de virulence en certains points du chromosome bactérien, les « îlots de pathogénicité » ; 2) un système de sécrétion spécifique des bactéries pathogènes permettant l'administration ciblée de certains facteurs de virulence à la cellule cible, le système de sécrétion de type III. L'identification des facteurs pathogènes bactériens est donc en cours. Les facteurs de virulence interviennent en plusieurs étapes de la pathogénicité. Nous envisagerons particulièrement ici les étapes « épithéliales » de la pathogénicité intestinale, c'est-à-dire la production de toxines, la colonisation et l'adhérence, l'invasion et la survie intracellulaire. Dans ce domaine d'étude, des travaux récents montrent que les cellules de l'hôte participent à la cascade d'événements qui sous-tendent la pathogénicité. Une véritable exploitation des fonctions cellulaires a été mise en évidence dans plusieurs modèles d'infections par des bactéries pathogènes. Les exemples de détournement sont particulièrement flagrants dans les cas d'utilisation du cytosquelette d'actine et des vésicules cellulaires. Une meilleure compréhension de la pathogénicité intestinale devrait découler de la mise en évidence de ces mécanismes de subversion, et elle permettra peut-être la mise au point de nouveaux traitements pour ces infections.