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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Le virus de l'hépatite D Volume 2, numéro 1, Janvier - Février 1995

Auteurs
laboratoire de bactériologie-virologie, hôpital Avicenne, UFR de santé, médecine et biologie humaine de Bobigny, université Paris XIII, 125, route de Stalingrad, 93009 Bobigny, France.

L'antigène delta (Ag-HD) a été décrit pour la première fois par M. Rizzetto en 1977. Il a mis en évidence un nouvel antigène nucléaire dans les hépatocytes de malades italiens infectés par le virus de l'hépatite B (VHB). Cet Ag était distinct des Ag de surface (Ag-HBs) et de capside (Ag-HBc) du VHB. Par la suite, la transmission expérimentale de l'agent infectieux au chimpanzé et la purification d'un ARN associé à cet Ag-HD indiquaient l'existence d'un nouveau virus des hépatites. Compte tenu du VHA, du VHB et du complexe des virus non-A, non-B, ce nouveau virus a été appelé virus D (VHD). Les travaux ultérieurs étudiaient la réplication de cet agent infectieux, la séquence de son génome circulaire simple brin et les protéines codées par ce virus. Aujourd'hui, le cycle viral et les fonctions des protéines Delta sont précisés. Le VHD est un virus défectif chez l'homme car l'infection ne se développe que chez des patients également infectés par le VHB. Cette double infection résulte d'une co-infection ou d'une surinfection d'un patient préalablement infecté par le VHB. Le pronostic d'une hépatite B est aggravé par le VHD. Le diagnostic d'infection repose sur des marqueurs directs : Ag-HD et ARN viral, et indirects : anticorps de type IgG ou IgM anti-HD. Au cours du traitement de l'hépatite chronique D par l'interféron alpha, une diminution de la réplication virale n'est observée que chez 50 % des malades.