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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Le syndrome héréditaire cataracte-hyperferritinémie Volume 7, numéro 2, Mars - Avril 2000

Auteur
Inserm U. 409, faculté Xavier-Bichat, 16, rue Henri-Huchard, 75018 Paris.

Récemment, un nouveau syndrome héréditaire associant une hyperferritinémie et une cataracte de développement précoce a été décrit et le gène responsable a été identifié. En effet, une mutation dans un élément de régulation traductionnelle du gène de la sous-unité L ferritine, situé en 19q13.4-qter, a été mise en évidence dans l’ADN génomique de patients atteints de ce syndrome. Les ARNm H et L ferritine possèdent dans leur partie 5’ non codante un motif de 30 nucléotides qui peut adopter une structure tige-boucle qu’on appelle iron responsive element (IRE). Une protéine cytoplasmique appelée iron regulatory protein (IRP) possède une activité de liaison à l’IRE qui est fonction du fer libre intracellulaire. La séquence nucléotidique de la boucle est très conservée et la présence d’une mutation dans cette boucle, chez les malades atteints du syndrome cataracte-hyperferritinémie, entraîne une perte de reconnaissance par l’IRP et une expression constitutive de L ferritine. Plusieurs mutations ponctuelles du motif IRE ont été trouvées dans ce syndrome, qui changent un nucléotide soit dans la boucle, soit dans le renflement présent au milieu de la tige. Des délétions partielles de l’IRE ont aussi été retrouvées. Il ressort de l’étude des différentes familles que l’augmentation du taux de ferritine sérique est directement corrélée à la surproduction de ferritine dans les tissus. Cependant, le mécanisme entraînant l’opacification du cristallin reste à identifier. Enfin, il est important de ne pas confondre ce syndrome avec une hémochromatose génétique, car ces malades ont des réserves en fer normales, voire même diminuées, et par conséquent, les saignées sont très mal tolérées.