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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Le syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS) : un facteur pronostique majeur au cours de la cirrhose Volume 18, numéro 6, Novembre-Décembre 2011

Auteurs
Hôpital Jean Minjoz, service d’hépatologie et de soins intensifs digestifs, 25030 Besançon cedex, Hôpital Jean Minjoz, département d’anesthésie réanimation, 25030 Besançon cedex

La réaction inflammatoire, lorsqu’elle est limitée à l’organe lésé, est bénéfique car elle concourt au processus de cicatrisation. Lorsqu’elle se généralise à l’ensemble de l’organisme et donne lieu au syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS), le relargage massif de cytokines pro-inflammatoires et l’activation dérégulée des cellules de l’immunité peuvent conduire à une perte de l’homéostasie et à une défaillance multiviscérale. Les modifications physiopathologiques (notamment la translocation bactérienne) induites par la cirrhose sur la réponse inflammatoire, sur l’état hémodynamique et sur l’hémostase semblent propices à la survenue ou à l’exacerbation d’un SRIS. La valeur péjorative du SRIS a été largement démontrée chez les patients hospitalisés en réanimation. Au cours de la cirrhose, le SRIS pourrait aussi constituer un facteur pronostique majeur. Ainsi la présence d’un SRIS est fréquente chez les patients hospitalisés pour une complication de cirrhose et celui-ci est associé aux risques d’apparition ou d’aggravation d’une encéphalopathie, de développement d’un syndrome hépato-rénal, et de décès intra-hospitalier. Sa détection précoce ou la validation de marqueurs de SRIS (tels que la C-reactive proteine) pourraient ouvrir de nouvelles perspectives dans la prise en charge des patients cirrhotiques à haut risque de complications.