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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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L’autophagie au cours des maladies du foie Volume 18, numéro 4, Juillet-Août 2011

Auteurs
Assistance publique–Hôpitaux de Paris, hôpital Beaujon, service d’hépatologie, 100, boulevard du Général-Leclerc, Clichy, France, Centre de recherche Bichat-Beaujon CRB3, Inserm U773, 100, boulevard du Général-Leclerc, Clichy, France, Université Denis-Diderot - Paris-VII, Faculté de médecine, 16, rue Henri-Huchard, 75018 Paris, France

L’autophagie, ou autodigestion, est un processus essentiel au développement, à la différentiation, à la survie et à l’homéostasie. Son rôle au cours des hépatopathies a, pour la première fois, été évoqué il y a une dizaine d’années. Depuis, de nombreuses études ont montré son implication dans des champs majeurs de l’hépatologie. Au cours de l’ischémie-reperfusion, l’autophagie a principalement une fonction pro-survie permettant à la cellule de faire face à la déplétion en nutriments et à l’anoxie. Au cours des hépatites virales B et C, l’autophagie est augmentée mais détournée par les virus qui utilisent cette machinerie pour leur propre réplication. Dans le carcinome hépatocellulaire, le niveau d’autophagie est bas. L’autophagie a en effet un rôle antitumoral et des stratégies thérapeutiques augmentant l’autophagie, comme la rapamycine, permettent d’améliorer la survie des malades transplantés pour carcinome hépatocellulaire. De plus, le niveau de la protéine beclin-1 dans le carcinome hépatocellulaire a une valeur pronostique. Au cours du déficit en α-1 antitrypsine, la protéine anormale ATZ s’accumule dans le réticulum endoplasmique. Cela active une réponse autophagique visant à dégrader la protéine ATZ. Activer l’autophagie chez ces malades, par exemple par la carbamazépine, est une voie thérapeutique envisagée. La consommation d’alcool abaisse le niveau d’autophagie dans les cellules hépatiques probablement en raison de la baisse des taux intracellulaires d’ adenosine monophosphate-activated protein kinase (AMPk) et/ou de l’altération du transport des vésicules intracellulaires induites par l’alcool. Cette diminution de l’autophagie contribue à la formation des corps de Mallory et à la mort des cellules hépatiques. En conclusion, l’autophagie joue un rôle majeur dans les maladies du foie par des mécanismes très variés. Cette voie offre de nouvelles opportunités thérapeutiques.