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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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La veinopathie portale oblitérante, une maladie hépatique émergente chez les patients infectés par le VIH Volume 16, numéro 1, Janvier-Février 2009

Auteurs
Inserm U567, unité d’hépatologie, APHP, université Paris-Descartes, hôpital Cochin, 27, rue du Faubourg-Saint-Jacques, 75014 Paris, France

Depuis l’avènement des trithérapies antirétrovirales, les patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ne meurent plus du VIH mais de maladies associées démasquées par l’allongement de la durée de vie des patients. Les maladies du foie, fréquentes chez les patients VIH pour des raisons épidémiologiques, se classent aujourd’hui parmi les trois premières causes de décès non liées au sida des patients VIH immunorestaurés avec les cancers et les pathologies cardiovasculaires. Les infections virales hépatotropes ainsi que la stéatohépatite (alcoolique et non alcoolique) sont les maladies hépatiques les plus fréquentes chez ce type de patients. D’autres maladies hépatiques, dont le(s) mécanisme(s) physiopathologique(s) est (sont) encore imparfaitement compris, ont été récemment décrites chez des patients ayant une infection ancienne par le VIH (> 15 ans). Une atteinte de la microvascularisation hépatique, se traduisant par des lésions histologiques comme l’hyperplasie nodulaire régénérative, la sclérose hépatoportale, la dilatation sinusoïdale, explique certaines de ces hépatopathies. L’origine de ces vasculopathies hépatiques pourrait, au moins pour certains cas, être un état prothrombotique lié à une dérégulation immunitaire persistante en dépit de la restauration immune. La prise au long cours des antiviraux pourrait également participer à la genèse de ce type de lésions. Nous détaillons dans cette revue ces maladies vasculaires du foie associées à l’infection par le VIH que nous avons proposé de dénommer « veinopathies portales oblitérantes associées au VIH » ou HIVOP (HIV-associated obstructive portopathy).