John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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La neuromodulation sacrée dans l’incontinence fécale : le changement, c’est maintenant… Volume 23, numéro 9, Novembre 2016

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
  • Figure 6

Tableaux

Auteurs
1 Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph,
Institut Léopold Bellan,
service de proctologie médico-chirurgicale,
185, rue Raymond Losserand,
75014 Paris, France
2 Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph,
service de chirurgie digestive,
185, rue Raymond Losserand,
75014 Paris, France
3 Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph,
service d’urologie,
185, rue Raymond Losserand,
75014 Paris, France
4 Hôpital Nord,
Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille,
service de gastroentérologie,
Chemin de Bourrely,
13015 Marseille, France
5 Hôpital Edouard-Herrriot,
unité d’explorations fonctionnelles digestives,
5 Place d’Arsonval,
69003 Lyon, France
* Tirés à part

La neuromodulation sacrée, tout d’abord évaluée dans les troubles fonctionnels urinaires obstructifs et irritatifs, est remboursée depuis 2009 en France dans la prise en charge de l’incontinence fécale sévère en échec des mesures thérapeutiques de première intention. Elle consiste à stimuler les racines nerveuses sacrées de la région pelvi-périnéale via une électrode introduite par voie percutanée dans un trou sacré et reliée à un stimulateur externe implanté en sous-cutané. L’indication de la neuromodulation doit être posée dans le cadre d’un staff multidisciplinaire après un bilan complet préalable incluant un calendrier des selles, un score d’incontinence anale, une endosonographie, une manométrie ano-rectale, voire un bilan uro-dynamique en cas de troubles urinaires associés et/ou une imagerie pelvienne dynamique en cas de suspicion de trouble de la statique rectale. Les résultats de cette nouvelle technique sont stables depuis les premières publications et on peut estimer qu’environ 50 % des patients éligibles au départ en bénéficieront. Le mode d’action de ce traitement reste obscur, et malgré les nombreuses publications, aucun facteur prédictif consensuel d’efficacité n’a pu être identifié. Son effet ne se limite pas à stimuler un sphincter anatomiquement intact mais fonctionnellement défaillant. Elle agit également sur la motricité colique, sur la réponse sensitivo-motrice du rectum à la distension et sur l’intégration centrale corticale de la perception ano-rectale. Ceci explique les extensions récentes des indications à l’incontinence fécale avec défect sphinctérien et aux suites de résection rectale ou recto-sigmoïdienne. Le suivi post-implantation est une étape essentielle et très spécialisée. Elle consiste à vérifier le circuit, ajuster si besoin les réglages encore très empiriques du stimulateur et à dépister les complications.