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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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La maladie cœliaque : un modèle d’étude de l’inflammation intestinale et de la lymphomagenèse T Volume 13, numéro 3, Mai-Juin 2006

Auteurs
Inserm, U793, Paris, France, Université Paris Descartes, faculté de médecine René Descartes, IFR94, 75730 Paris Cedex 15, France, AP-HP, hôpital européen Georges Pompidou, Département de Gastroentérologie, Paris, France

La maladie cœliaque (MC) est une entéropathie inflammatoire induite par l’ingestion des protéines du blé (gluten), de l’orge et du seigle, affectant environ 1/200 individus en Europe et aux États-Unis, soit plus de trois millions de patients. La MC se révèle un modèle privilégié pour analyser les interactions entre immunité innée et immunité adaptative dans le contrôle de l’inflammation intestinale et la lymphomagenèse T. Une première série de travaux montre comment les interactions entre le gluten, le facteur environnemental déclenchant, les haplotypes HLA-DQ2/8, le principal facteur de risque génétique, et l’autoantigène, la transglutaminase tissulaire, conduisent à l’activation des lymphocytes T CD4+ intestinaux des patients contre certains peptides du gluten. Des travaux plus récents montrent le rôle complémentaire de l’immunité innée, orchestrée par des peptides distincts du gluten et l’interleukine 15, une cytokine pro-inflammatoire responsable d’une altération sévère de l’homéostasie des lymphocytes intraépithéliaux. Si le puzzle physiopathogénique de la MC reste incomplet, ces données permettent de mieux appréhender les propriétés uniques du gluten qui favorisent le déclenchement de la MC chez les sujets prédisposés, et l’émergence de complications malignes à partir des lymphocytes intraépithéliaux dans un petit groupe de patients.Le traitement actuel de la MC repose sur un régime sans gluten strict à vie. Ces travaux récents ouvrent la perspective d’alternatives thérapeutiques. Celles-ci s’avèrent nécessaires pour traiter les formes compliquées devenues résistantes au régime. Elles pourraient permettre à terme d’alléger le régime, très contraignant et mal suivi par une proportion importante de patients.