John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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La loi Huriet Volume 7, numéro 4, Juillet -Août 2000

Auteurs
Délégation régionale à la recherche clinique, Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, Carré historique de l’hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-Vellefaux, 75010 Paris, France.

Les progrès de la médecine et de la biologie des trente dernières années ont dépassé de loin les acquis des siècles précédents. Ces avancées sont le fruit de la recherche et, entre autres, de la médecine expérimentale dont les prémices apparaissent dans les travaux sur la vaccination antivariolique de Jenner et dont Claude Bernard définit les principes dans son Introduction à l’étude de la médecine expérimentale [1]. Dès cette époque, l’expérimentation sur l’homme souleva de vifs débats éthiques du fait que ces activités opposent l’intérêt de l’individu et celui de la société dans son ensemble. L’approche positiviste, s’appuyant sur la thèse que le progrès scientifique était seule source de bien-être pour la société, réduisait considérablement le libre arbitre des individus. Cette conception, dominante dans le milieu scientifique à la fin du siècle dernier, préconisait que le pouvoir des chercheurs, groupe restreint d’initiés, ne devait subir de limitations. Les écrits de quelques « savants » de cette période proposant l’expérimentation des vaccins sur des condamnés de droit commun ou l’eugénisme sont révélateurs des excès de ce courant de pensée.