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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Histoire de l’immunothérapie Volume 28, numéro 8, Octobre 2021

Auteurs
1 Hôpital Européen Georges Pompidou, Service d’immunologie biologique, 20 rue Leblanc, 75015 Paris
2 Équipe INSERM 15, UMRS1138, « Immunologie et Cancérologie intégrative », Centre de recherche des Cordeliers, Paris
* Correspondance

Après des décennies de controverse, l’existence d’une immunité naturelle antitumorale est maintenant établie et les données fondamentales ont élucidé de nombreux mécanismes d’échappement de la tumeur à la réponse immune. Par-delà les mécanismes impliquant la cellule tumorale, de puissants mécanismes inhibiteurs lymphocytaires ont été mis en évidence. Ces données ont permis de faire émerger de nouvelles stratégies thérapeutiques. Des anticorps monoclonaux dirigés contre des récepteurs inhibiteurs des lymphocytes ou leurs ligands (CTLA-4, PD-1/PD-L1) ont démontré une activité antitumorale significative dans de nombreux types de cancers. Ainsi, ce traitement efficace ne cible pas la cellule tumorale mais tente de stimuler les défenses immunitaires naturelles. C’est un changement de paradigme. Pour la première fois est envisagée des stabilisations au long cours voire des guérisons pour des cancers qui étaient considérés comme incurables. Une autre stratégie d’immunothérapie utilisant des « cellules médicament » révolutionne la thérapeutique des hémopathies malignes B. L’activité cytotoxique naturelle des lymphocytes du patient est utilisée en thérapeutique après avoir redirigé la reconnaissance antigénique des lymphocytes. La conjonction d’un accroissement considérable de nos connaissances fondamentales en immunologie et des moyens technologiques permettant de manipuler la réponse immunitaire laisse présager pour les années à venir un gain d’efficacité significatif et une moindre toxicité.