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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Hépatites virales et grossesse Volume 20, numéro 8, Octobre 2013

Auteur
Hôpital Cochin, service d’hépatologie, 27 rue du Faubourg Saint-Jacques, 75679 Paris Cedex 14, France ; Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité ; Institut Cochin, CNRS (UMR 8104), INSERM U-1016, Paris, France

Les hépatites virales sont les causes les plus fréquentes d’atteinte hépatique non spécifique de la grossesse. L’hépatite A, contractée au 2 e ou au 3 e trimestre de la grossesse, se caractérise par le risque d’accouchement prématuré et de complications obstétricales. Le dépistage de l’hépatite B est obligatoire au 6 e mois de grossesse. En cas de positivité de l’AgHBs, une sérovaccination doit être mise en place à la naissance (immunoglobuline antiHBs + vaccin enfant) et la vérification de la sérologie de l’hépatite B doit être réalisée chez le jeune enfant. Les échecs d’une sérovaccination bien conduite sont dus à une charge virale élevée chez la mère (ADN du VHB > 7 log UI/mL). Dans ce cas, un traitement par analogue (ténofovir, telbivudine ou lamivudine), associé à la sérovaccination de l’enfant à la naissance, peut être discuté au 3 e trimestre de la grossesse. Le risque de transmission mère-enfant du virus C est de l’ordre de 3 à 5 % (15 à 20 % en cas de co-infection VIH-VHC) sans possibilité de diminuer ce risque. L’hépatite E en zone de forte endémie entraîne un risque élevé de mortalité maternelle et du jeune enfant, ce qui n’est pas constaté dans les zones de faible endémie malgré la probable augmentation de fréquence de cette affection. L’allaitement maternel n’est pas habituellement contre-indiqué en cas d’infection par un virus hépatotrope chez la femme.