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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Hépatites virales dues aux mutants « antigène HBe-négatifs » du virus de l'hépatite B Volume 4, numéro 3, Mai - Juin 1997

Auteur
Service virologie, CHU, 4, rue Larrey, 49033 Angers, France.

Le virus de l'hépatite B (VHB) est un virus à ADN dont la réplication nécessite une étape de transcription inverse qui peut être à l'origine de mutations. Les infections correspondant aux mutants dans la région pré-C (capside) du génome viral aboutissent à des formes d'hépatite aiguë ou chronique parfois cirrhogènes, caractérisées par l'absence d'antigène (Ag) HBe sérique, et par la présence d'anticorps anti-HBe (hépatites antigène HBe-négatives). Ces hépatites ont été décrites dans les années 1980. Il s'agit de formes d'infection par un virus de l'hépatite B mutant, incapable de produire de l'Ag HBe en raison d'une ou de plusieurs mutations dans la région pré-core du génome qui introduisent un codon stop, empêchant la production d'Ag HBe. En fait, l'infection par le virus de l'hépatite B comprendrait schématiquement trois phases : 1) une phase de réplication virale intense où l'organisme tolère le virus ; 2) une phase d'élimination de l'Ag HBe, de durée variable, correspondant à une rupture de tolérance et une réponse immune intense ; les études moléculaires ont montré que le mutant pré-C émerge durant cette phase, au moment de la séroconversion anti-HBe, on identifie alors en général un mélange de génomes viraux sauvages et mutés ; 3) une phase silencieuse, en général sans replication. Au cours de cette phase non réplicative, des phases de réactivation virale peuvent survenir correspondant à une émergence, puis à une prédominance du virus muté. Ces réactivations peuvent survenir soit très tôt dans la maladie, soit tardivement, parfois pas du tout (portage asymptomatique de l'Ag HBs). A l'échelle mondiale, les hépatites chroniques Ag HBe-négatives représentent 7 % à 30 % des patients porteurs d'infection chronique par le VHB. Des formes graves, fulminantes ou chroniques, rapidement cirrhogènes ont été décrites. Les premiers essais thérapeutiques ont été effectués à la fin des années 1980. L'interféron alpha à la dose de 9 millions d'unités x 3/semaine pendant 3 à 6 mois induit une réponse dans environ 60 % des cas, mais une rechute survient dans la majorité des cas. Des traitements plus longs semblent plus efficaces. La découverte de nouvelles molécules antivirales plus actives, telles la lamivudine ou le famciclovir qui peuvent être prescrites en association avec l'interféron, ouvre de nouvelles perspectives.