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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Hémojuvéline et pathologies du métabolisme du fer Volume 16, numéro 3, mai-juin 2009

Auteurs
Inserm U522, IFR140, université de Rennes 1, CHRU Pontchaillou, 35033 Rennes cedex, France, Département de biochimie et génétique moléculaire, CHRU Pontchaillou, 35033 Rennes cedex, France, Service des maladies du foie, CHRU Pontchaillou, 35033 Rennes cedex, France, Centre de référence des surcharges en fer rares d’origine génétique, CHRU Pontchaillou, 35033 Rennes cedex, France

L’hémojuvéline (HJV) est une protéine qui joue un rôle majeur dans le contrôle de l’expression de l’hepcidine et donc dans le maintien de l’homéostasie du fer par l’impact que l’hepcidine exerce sur le contrôle de la biodisponibilité plasmatique du fer. Exprimée sur la membrane de l’hépatocyte, elle joue le rôle de corécepteur des bone morphogenetic proteins (BMP) et participe ainsi à la transmission du signal né de l’interaction entre les BMP et leurs récepteurs. Cela entraîne une expression de l’hepcidine par les hépatocytes au travers de la voie de transduction du signal BMP/SMAD et des BMP-responsive elements localisés dans le promoteur du gène codant l’hepcidine. Une forme soluble de l’HJV, produite par les hépatocytes mais aussi par le muscle strié, second site d’expression de l’HJV, pourrait moduler l’efficacité biologique de la forme membranaire, par compétition avec le récepteur aux BMP. Des mutations homozygotes du gène codant l’HJV sont à l’origine de surcharges en fer hémochromatosiques sévères dites juvéniles, car survenant le plus souvent avant 30 ans, liées à une expression anormalement basse de l’hepcidine. Des cas de digénisme, associant une mutation hétérozygote du gène HJV à une mutation dans un autre gène impliqué dans le développement de surcharges en fer, peuvent être retrouvés. À l’inverse, des anomalies de maturation de la protéine HJV liées à des mutations du gène TMPRSS6 aboutissent à une facilitation de l’expression membranaire de l’HJV, ce qui entraîne une hyperactivité de la voie BMP/SMAD et donc de l’expression de l’hepcidine. Il en résulte en retour une baisse des paramètres sériques du fer et une anémie de type inflammatoire résistante à la supplémentation en fer.