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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Grossesse et maladies inflammatoires cryptogénétiques intestinales Volume 16, numéro 2, mars-avril 2009

Auteurs
Service de gastroentérologie et de nutrition, pôle digestif, hôpital de l’Archet-II, CHU de Nice, 06202 Nice cedex 03, France

Les maladies inflammatoires cryptogénétiques intestinales (MICI) touchent essentiellement une population jeune, ce qui amène les patients à fréquemment questionner leurs médecins sur les risques encourus pour la fertilité et le cours évolutif d’une grossesse. À l’heure actuelle, nous ne disposons pas d’une vaste étude prospective qui permettrait d’apporter des réponses définitives aux patients. Nous pouvons, toutefois, leur prodiguer quelques conseils. Il est très clair qu’une MICI ne contre-indique pas une grossesse, ce, d’autant que le risque de transmission de la maladie est très faible. Avant la conception, il est fondamental d’obtenir la rémission de la maladie digestive. D’un point de vue thérapeutique, seul le méthotrexate (MTX) devra être interrompu du fait du risque de tératogénicité. Les patientes sous azathioprine (AZA) et salazopyrine devront systématiquement bénéficier d’une supplémentation en acide folique. En cours de grossesse, une poussée de la maladie pourra être traitée par les dérivés du 5-ASA (jusqu’à 2 ou 3 g/j) ou par corticothérapie. Les formes sévères pourront justifier un traitement par infliximab. L’accouchement peut se dérouler par voie basse dans la plupart des cas. Une césarienne devra être effectuée en cas de manifestations anopérinéales actives et sévères, d’antécédents d’anastomose iléo-anale ou en cas de nécessité obstétricale. Dans le post-partum, il faut privilégier l’allaitement maternel autant que possible en l’absence de contre-indication médicamenteuse. Il ne semble pas que l’AZA et la 6-mercaptopurine (6-MP) soient retrouvés à des concentrations importantes dans le lait maternel.