John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Fistule recto-vaginale : séquelles obstétricales ou proctologiques Volume 7, numéro 2, Mars - Avril 2000

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  • Page(s) : 135-6
  • Année de parution : 2000

Les fistules recto-vaginales (FRV) sont rares (5 % des fistules ano-rectales). Survenant au décours d'un accouchement ou à l'occasion d'une pathologie proctologique, elles créent un profond désarroi chez les patientes. Cette complication retarde en effet la reprise de la vie professionnelle, sociale et sexuelle, et nécessite souvent un traitement prolongé. Trois types anatomiques sont distingués : les FRV proprement dites, les fistules ano-vaginales et les fistules ano-périnéales antérieures. Elles appartiennent aux fistules simples selon la classification de Tsang par leur localisation basse (tiers inférieur ou moyen de la paroi vaginale), leur diamètre inférieur à 2,5 cm et leurs origines traumatiques [12]. Les FRV obstétricales représentent 90 % des FRV et surviennent dans 0,1 % des délivrances vaginales. Leur siège est antérieur ou médio-latéral (déchirures ou séquelles d'épisiotomie). Le rôle de l'épisiotomie dans l'apparition de ces fistules reste controversé, préventif pour certains ou favorisant pour d'autres par réparation imparfaite ou surinfection [13]. Certaines particularités caractérisent l'origine obstétricale : le trajet souvent direct, la fermeture spontanée possible en post-partum et le rôle du travail prolongé par nécrose transmurale secondaire. L'histologie systématique peut révéler du tissu endométriosique, voire tumoral [14]. Les FRV d'origine proctologique sont rares (0,4 % des consultations en proctologie). Leurs causes sont infectieuses, inflammatoires (« pseudo-bartholinites » de la maladie de Crohn) et par défaut technique (0,1 % des hémorroïdectomies). Leurs sièges et trajets sont variables et trompeurs exposant à quelques pièges cliniques.