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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Facteurs nutritionnels dans le syndrome de l’intestin irritable Volume 20, numéro 5, Mai 2013

Auteurs
Hôpital Avicenne, laboratoire de pharmacologie, Université Paris 13, 125 route de Stalingrad, 93000 Bobigny, France, Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (UREN), U557 INSERM/1125INRA/CNAM/Université Paris 13, UFR SMBH, 74 rue Marcel Cachin, 93000 Bobigny, France, Hôpital Avicenne, service de gastroentérologie, Université Paris 13, 125 route de Stalingrad, 93000 Bobigny, France, Hôpital Louis Mourier, service de gastroentérologie, Université Paris 7, 178 rue des Renouillers, 92701-Colombes, France

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est fréquent et associé à une diminution de la qualité de vie. Une majoration post-prandiale des symptômes est habituelle, de même qu’une intolérance ressentie à certains aliments. Les patients modifient souvent spontanément les caractéristiques de leur régime alimentaire : repas de faible volume, augmentation des apports en fibres, diminution des apports glucidiques, éviction des matières grasses et des produits laitiers, de la caféine et de l’alcool. Ces modifications diététiques pourraient être responsables de carences en divers micronutriments. Plusieurs travaux ont étudié le rôle déclenchant ou soulageant des facteurs nutritionnels dans la survenue des symptômes du SII, mais leur qualité méthodologique est souvent faible. Les études contrôlées contre placebo sont rares. L’interprétation des études ouvertes est difficile car l’effet placebo est important. Les trois quarts des patients ayant rapporté une intolérance alimentaire ne présentent pas de symptômes quand la réintroduction de l’aliment est faite en aveugle. Les tests cutanés d’hypersensibilité retardée sont souvent positifs à divers allergènes alimentaires mais le rôle des régimes d’éviction reste controversé. Les fibres ont peu d’intérêt pour la prise en charge de la douleur abdominale. Elles sont surtout utilisées dans le SII avec constipation. Les fibres solubles sont associées à une amélioration symptomatique, à l’inverse des fibres insolubles. L’huile de menthe poivrée pourrait avoir un effet bénéfique. Le rôle des oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles (FODMAPs) a été incriminé dans la physiopathologie des douleurs abdominales. Une intolérance au lactose, au fructose, au sorbitol est associée à une fréquence accrue de symptômes. Chez les trois quarts des patients, un régime pauvre en FODMAPs améliore les symptômes (ballonnements). La restriction individualisée de certains aliments riches en FODMAPs ouvre des perspectives thérapeutiques.