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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Épidémiologie et histoire naturelle de l’infection par le virus de l’hépatite B Volume 14, supplément 5, Numéro spécial : Prise en charge de l’hépatite chronique B en 2007

Auteur
Unité d’Hépatologie et Inserm U-567, Hôpital Cochin, Paris

La transmission du virus de l’hépatite B (VHB) se fait par voie parentérale, sexuelle et materno-fœtale. Si une hépatite fulminante peut compliquer environ 1 % des hépatites aiguës B symptomatiques, le problème principal de l’infection virale B est celui du portage chronique de l’antigène HBs, classiquement défini par la persistance de l’Ag HBs 6 mois après l’hépatite aiguë. Il survient dans 0,5 à 3 % des cas chez l’adulte immunocompétent, mais plus fréquemment chez les enfants infectés tôt dans la vie (jusqu’à 90 %) ou chez les immunodéprimés (30 à 100 %). Son évolution peut être marquée par des modifications parfois bruyantes de la réplication virale avec l’existence d’arrêts spontanés de la multiplication virale et de réactivations. Sa physiopathogénie principalement immuno-médiée, résultant des interactions hôte-virus mais aussi de la complexité de ce virus (intégration, mutations, réplication résiduelle), explique le polymorphisme de présentation de l’infection chronique par le VHB ; elle va de l’immuno-tolérance au portage inactif de l’antigène HBs, en passant par une phase d’immuno-élimination où l’hépatite chronique active peut aboutir à la cirrhose (incidence annuelle de 1,3 à 5,9 %). La cirrhose, avec ses complications propres d’hypertension portale et d’insuffisance hépatocellulaire ou de carcinome hépatocellulaire, est responsable de 80 % de la morbidité et de la mortalité liées à cette infection : en cas de cirrhose constituée, la survie à 5 ans varie de 52 à 82 %. En plus des facteurs épidémiologiques, les principaux paramètres modifiant l’histoire naturelle de l’infection B sont l’immuno-suppression et les cofacteurs incluant l’infection associée par le VHD et la surconsommation d’alcool. Ainsi, l’infection virale B est un problème majeur de santé publique, particulièrement dans les pays en voie de développement (qui sont souvent des zones de haute endémie) rendant nécessaire l’intensification et l’universalisation de la vaccination.