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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Epidémiologie de la consommation d'alcool et des maladies alcooliques du foie en France Volume 8, numéro 2, Mars - Avril 2001

Auteurs
Service d'hépatologie, hôpital Beaujon, 100, avenue du Général-Leclerc, 92110 Clichy.

La France reste en tête des pays développés pour la consommation d'alcool et la mortalité par cirrhose : il existe environ 5 millions de consommateurs excessifs dont 2 à 3 millions d'alcoolo-dépendants. Dans une population donnée, le nombre de consommateurs excessifs semble proportionnel à la quantité d'alcool « mis à la disposition » de cette population (« loi » de Ledermann). Quatre-vingts pour cent des consommateurs à risque ont une stéatose hépatique, mais seuls 10 % auraient une cirrhose, ce qui souligne le rôle de cofacteurs (gènes, virus, fer, etc.). En France, l'alcool est la principale cause de maladie du foie, de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire. De nombreuses études ont montré que la mortalité par maladie coronarienne était plus faible chez les buveurs modérés que chez les abstinents (« paradoxe français »). Cependant, le bénéfice sur la mortalité globale des faibles consommations d'alcool n'est observé que chez les sujets âgés ayant une forte mortalité coronarienne. Chez les jeunes, la mortalité augmente de façon linéaire avec la consommation d'alcool, et l'alcool et le tabac sont responsables de la forte mortalité prématurée (avant 65 ans) observée en France : en 1997, au moins 42 963 décès prématurés étaient dus à l'alcool (sur 529 640 décès au total) et le coût social généré par l'alcool était évalué à plus de 115 milliards de francs.