John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Encéphalopathie hépatique Volume 4, numéro 5, Septembre - Octobre 1997

Auteurs

L'encéphalopathie hépatique est une complication bien connue des maladies hépatiques aiguës ou chroniques. Malgré de nombreux travaux de recherche effectués depuis plus de cinquante ans, les mécanismes physiopathologiques sont encore mal connus. On considère actuellement que la forme associée à la cirrhose, qui est la plus fréquente, est secondaire à des perturbations de plusieurs systèmes de neurotransmission incluant les systèmes glutamatergiques, dopaminergiques, sérotoninergiques et gaba-ergiques. L'ammoniaque a sûrement un rôle clé dans l'initiation de ces perturbations. Plus récemment, on a mis en évidence des anomalies spécifiques au niveau du globus pallidus grâce à la résonance magnétique, probablement reliées à un dépôt localisé de manganèse, mais le lien avec les symptômes neurologiques est incertain. Sur le plan clinique, il est maintenant admis que des perturbations cognitives subtiles sont souvent présentes chez le patient cirrhotique et que leur dépistage n'est possible qu'en utilisant des batteries de tests neuropsychométriques. D'autre part, l'utilisation de l'anastomose porto-cave intra-hépatique transjugulaire a conduit à la réapparition de la forme d'encéphalopathie hépatique chronique et récidivante que l'on pensait disparue depuis l'abandon de l'anastomose porto-cave chirurgicale. Sur le plan thérapeutique, il apparaît maintenant clairement que lorsque l'encéphalopathie est induite par un facteur déclenchant, la correction de ce facteur est l'élément le plus important du traitement. Lorsqu'il s'agit de la forme récidivante dite spontanée, les traitements conventionnels (diète, lactulose, antibiotiques non absorbables) ont toujours leur place et le benzoate de sodium (ou de potassium), utilisé en pédiatrie dans le traitement des hyperammoniémies congénitales, peut être très utile. Enfin, la transplantation hépatique peut représenter la solution ultime lorsque l'encéphalopathie hépatique devient incontrôlable par les moyens usuels.