John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Effecteurs immunitaires au cours de l’hépatite virale C : perspectives thérapeutiques Volume 15, numéro 2, mars-avril 2008

Auteur
Clinique universitaire d’hépato-gastroentérologie, pôle digi-dune, CHU de Grenoble, Centre de recherche Inserm/UJF-U823, IAPC, Institut Albert Bonniot, Grenoble

L’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) déclenche chez l’hôte une réponse immunitaire antivirale qui se décompose en une réponse innée et une réponse adaptative, cellulaire et humorale. Celle-ci a été particulièrement bien étudiée à la phase aiguë de l’infection, à la fois chez l’homme et chez le chimpanzé, seul modèle animal disponible. Une réponse cellulaire CD4 + et CD8 + précoce, forte, multispécifique et prolongée a ainsi clairement pu être associée à la clairance spontanée du virus. Le VHC persiste toutefois chez la majorité des malades pour des raisons multifactorielles qui incluent ses caractéristiques virologiques (cinétiques de réplication rapides, variabilité génétique) ainsi que ses interactions avec le système immunitaire de l’hôte. Au cours de l’infection chronique, les cinétiques de réplication virale sont en équilibre avec la réponse immunitaire de l’hôte. Des cellules CD4 + et CD8 + spécifique d’épitopes viraux sont habituellement détectées dans le foie et dans le sang périphérique des malades, mais leur fréquence est très faible et leurs fonctions sont altérées. Les lymphocytes T CD8 + cytotoxiques sont probablement les principaux effecteurs de l’inhibition de la multiplication virale mais sont également à l’origine d’une amplification de la réponse immunitaire qui est responsable de la constitution des lésions hépatiques. La complexité, le nombre et l’intrication des effecteurs immunitaires impliqués rendent difficile la définition de stratégies d’immunomodulation thérapeutique qui n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité. Les premiers résultats de la vaccination anti-VHC obtenus chez le chimpanzé sont encourageants mais leur efficacité reste à démontrer chez l’homme.