John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Diarrhée des antibiotiques Volume 30, numéro 8, Octobre 2023

Illustrations


  • Figure 1

  • Figure 2

Tableaux

Auteur
1 Sorbonne Université, INSERM, Institut Pierre Louis d’Épidémiologie et de Santé Publique
2 AP-HP, Hôpital Saint-Antoine, service de gastro-entérologie et nutrition, 184 rue du faubourg Saint-Antoine, 75571 Paris Cedex 12
* Correspondance : L. Beaugerie

La diarrhée des antibiotiques survient par définition pendant un traitement antibiotique ou dans les huit semaines qui suivent son arrêt. Presque tous les traitements antibiotiques induisent une dysbiose aiguë, responsable indirectement de presque tous les cas de diarrhée ou de colite des antibiotiques. La plupart des cas de diarrhée des antibiotiques se présentent comme une diarrhée bénigne et brève, sans fièvre, attribuée à une réduction des capacités fermentaires des bactéries coliques et/ou une altération du métabolisme des sels biliaires. Plus rarement, la dysbiose favorise le développement d’une infection intestinale par des bactéries résidentes du microbiote, ou présentes dans l’environnement, en particulier hospitalier. La présentation clinique de l’infection à Clostridioides difficile (ICD) par des souches toxinogènes va de la diarrhée bénigne brève spontanément résolutive aux colites, dont la prise en charge thérapeutique est adaptée à des critères de sévérité à bien connaître. Les formes non sévères d’ICD peuvent être traitées en ambulatoire par dix jours de traitement oral par vancomycine orale (125 mg quatre fois par jour, dispensation hospitalière) ou fidaxomycine orale (200 mg deux fois par jour, prescription et dispensation hospitalière), coûteuse mais particulièrement indiquée chez les malades à haut risque de récidive (plus de 65 ans et/ou antécédent d’ICD). Les formes sévères et compliquées d’ICD doivent faire l’objet d’une prise en charge multidisciplinaire en milieu hospitalier. La transplantation du microbiote fécal (TMF) fait maintenant partie de l’arsenal thérapeutique des ICD réfractaires (pas de réponse à un traitement de 3 à 5 jours bien conduit), sévères et même compliquées (sauf péritonite). Dans les formes récidivantes d’ICD, les patients sont éligibles à la TMF dès la deuxième récidive. Les colites dues aux souches toxinogènes de Klebsiella oxytoca sont nettement plus rares, ont une présentation cliniquement hémorragique (pathogenèse mixte inflammatoire et ischémique), et régressent habituellement dès l’arrêt de l’antibiothérapie.