John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Conséquences du statut Epstein-Barr Virus sur le traitement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin Volume 27, numéro 2, Février 2020

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 CHU de Caen, Service d’hépato-gastro-entérologie et nutrition, Avenue de la Côte de Nacre, 14000 Caen
2 Hôpital Saint-Antoine, Service de gastroentérologie et nutrition, 184 rue du faubourg Saint-Antoine, 75571 Paris cedex 12
3 Institut Pierre Louis d’Épidémiologie et de Santé Publique, IPLESP, INSERM UMR-S 1136, Sorbonne Université-UPMC, 27 rue Chaligny, 75012 Paris
4 Hôpital Saint-Antoine, Service de gastro-entérologie et nutrition, 184 rue du faubourg Saint-Antoine, 75571 Paris cedex 12
* Correspondance
  • Mots-clés : MICI, EBV, lymphomes, traitements
  • DOI : 10.1684/hpg.2019.1929
  • Page(s) : 162-70
  • Année de parution : 2020

L’Epstein-Barr virus (EBV) est responsable d’une infection chronique latente, le plus souvent contractée dans la petite enfance. Cette infection est dans la majorité des cas contrôlée par le système immunitaire, mais peut être responsable d’un syndrome d’activation macrophagique (SAM) et/ou de cancers, principalement sous forme de lymphoproliférations. Environ 95 % des patients de plus de 18 ans sont immunisés et une primo-infection symptomatique sous forme d’une mononucléose infectieuse reste possible à tout âge. Celle-ci peut se compliquer d’un SAM, potentiellement mortel, qui doit être cherché systématiquement dans ce contexte. Chez l’homme jeune sous thiopurines, la primo-infection peut aussi évoluer vers une lymphoprolifération précoce. C’est pourquoi une sérologie EBV doit être effectuée avant toute mise sous immunosuppresseurs. En l’absence d’immunisation, le traitement par thiopurines doit être évité s’il existe des alternatives thérapeutiques. Le risque de lymphome est également augmenté chez les patients immunisés et sous thiopurines au long cours. Ce sur-risque persiste tant que le traitement est maintenu, et disparaît à son arrêt. Ainsi, une charge virale EBV doit être demandée devant toute asthénie, adénopathie, et/ou fièvre inexpliquée sous immunosuppresseurs et devant tout lymphome. Il a récemment été suggéré que les anti-TNF augmenteraient également le risque de lymphomes, sans que la responsabilité de l’EBV puisse être établie. Quelques cas de lymphomes de Hodgkin ont été décrits chez des patients traités par méthotrexate, la majorité étant liée à une infection EBV. Les données, issues des autres spécialités médicales, concernant l’utilisation de l’ustékinumab, sont rassurantes et n’ont pas montré de risques particuliers en lien avec l’EBV. Nous manquons de recul sur le védolizumab et les anti-JAK pour conclure. Enfin, des études récentes ont montré que la charge virale EBV était augmentée sur les biopsies coliques de patients ayant une maladie réfractaire. Ces données qui sont issues de travaux de recherche demandent confirmation avant sa réalisation en pratique courante et ce, d’autant plus qu’à l’heure actuelle, nous ne savons pas si l’EBV est une cause ou une conséquence de la maladie réfractaire.