John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Comment traiter : mono- ou bithérapie ? Volume 16, numéro spécial 2, septembre 2009

Auteurs
Service d’hépatologie et de gastroentérologie, hospices civils de Lyon, Hôtel-Dieu, 69002 Lyon, France, Inserm U871, 69003 Lyon, France, Université Lyon-I, IFR62 Lyon-Est, 69008 Lyon, France

Le traitement de l’hépatite B chronique repose actuellement sur l’utilisation de l’interféron pégylé (IFN-PEG) ou celle des analogues nucléos(t)idiques (NUC). Lors de l’initiation du traitement de première ligne, l’utilisation de ces molécules en monothérapie demeure l’approche de choix pour la majorité des patients. L’entécavir et le ténofovir, deux molécules ayant une forte puissance antivirale et une barrière de résistance élevée, permettent de contrôler efficacement la réplication virale avec un risque minime de survenue de mutations de résistance. En revanche, la sélection de souches mutantes survient fréquemment avec l’administration prolongée des autres analogues de nucléosides ou nucléotides, ce qui nécessite alors l’association de molécules avec un profil de résistance complémentaire. Ce risque de sélection de mutants résistants est particulièrement important en présence d’une virosuppression incomplète après 24 semaines de traitement par lamivudine et telbivudine ou 48 semaines par adéfovir, ce qui justifie une adaptation thérapeutique précoce. L’intérêt des combinaisons thérapeutiques de novo est également de prévenir l’émergence de virus B mutants en élevant la barrière génétique de résistance, mais cette stratégie nécessite des études de confirmation. Néanmoins, une combinaison antivirale d’emblée peut être envisagée chez les patients dont les fonctions hépatiques ne pourraient supporter un échappement thérapeutique et mérite d’être évaluée chez les patients les plus à risque de développer une résistance, c’est-à-dire ceux avec une charge virale initiale élevée et une longue durée d’infection avant le début de la thérapie antivirale.