John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Comment traiter en cas de cirrhose virale B ? Volume 16, numéro spécial 2, septembre 2009

Auteur
APHP, université Paris-Descartes, unité d’hépatologie, hôpital Cochin, 27, rue du Faubourg-Saint-Jacques, 75679 Paris cedex 14, France Inserm U567, institut Cochin, 75014 Paris, France

La cirrhose complique environ 20 % des infections chroniques par le virus de l’hépatite B. La sévérité de l’hépatopathie et la survenue des complications sont précipitées par la persistance d’une multiplication virale génératrice de l’activité nécrotico-inflammatoire ; elles sont responsables d’une morbidité et d’une mortalité importantes liées dans un tiers des cas au carcinome hépatocellulaire, dans un tiers des cas à l’hypertension portale (hémorragie digestive, principalement variqueuse, ascite) et dans un tiers des cas à l’insuffisance hépatique (encéphalopathie, infection du liquide d’ascite). La physiopathogénie immunomédiée explique les approches thérapeutiques combinées qui associent d’une part les antiviraux pour réduire l’expression des antigènes viraux, d’autre part les immunostimulants pour améliorer une lymphocytotoxicité suboptimale et permettre la clairance des hépatocytes infectés. L’objectif du traitement antiviral est dans tous les cas une indétectabilité rapide de l’ADN du VHB réduisant les risques viraux (résistance-échappement) et hépatiques (complications de la cirrhose). Tout patient ayant une cirrhose virale B et un ADN du VHB détectable (ou des transaminases anormales en dehors de comorbidités) doit recevoir un traitement antiviral efficace et à barrière génétique élevée, c’est-à-dire en 2009, par entécavir ou ténofovir. Le traitement ne sera pas interrompu, même chez les patients ayant perdu l’antigène HBs sauf si, après plusieurs années de virosuppression, une biopsie hépatique de bonne qualité confirme la réversibilité de la cirrhose attendue à cinq ans chez environ 40 % des patients en l’absence de comorbidités.