John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Chimiorésistance : désillusions et espoirs Volume 5, numéro 5, Septembre - Octobre 1998

Auteur

Il y a une quinzaine d'années, le défi de la résistance des cellules cancéreuses à la chimiothérapie paraissait en mesure d'être relevé rapidement. Le phénotype de résistance multidrogue (MDR), qui s'applique aux anthracyclines et aux vinca-alcaloïdes, avait trouvé son explication avec la caractérisation d'une protéine membranaire, la GP180, qui assure l'expulsion des médicaments hors de la cellule [1]. Tsuruo montrait que le vérapamil était un inhibiteur efficace de la GP180 et qu'il restaurait la sensibilité des cellules cancéreuses résistantes aux médicaments [2]. Par la suite, un effort important de l'industrie pharmaceutique permettait de découvrir de nombreux inhibiteurs de la MDR de plus en plus puissants sur les cellules cancéreuses in vitro. La connaissance des mécanismes de la résistance cellulaire à d'autres classes d'agents anticancéreux progressait grâce à une meilleure caractérisation de leurs cibles moléculaires : rôle central de la thymidilate synthase dans l'activité du 5-fluoro-uracile, inhibition de la topo-isomérase II par l'étoposide et les anthracyclines, rôle de la O6-méthyltransférase dans la résistance aux alkylants... Ces découvertes laissaient espérer une modulation rapide et efficace de la chimiorésistance grâce à de nouveaux inhibiteurs conçus par modélisation moléculaire. On pensait aussi découvrir de nouvelles classes de médicaments anticancéreux échappant aux mécanismes de résistance alors identifiés.