John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Célécoxib versus diclofénac plus oméprazole chez des patients ayant une arthrose et à haut risque d’ulcère : résultats d’un essai randomisé en double aveugle Volume 12, numéro 2, Mars-Avril 2005

Auteur
  • Page(s) : 155
  • Année de parution : 2005

Auteur(s) : Thierry Piche

Chan FKL, Hung LCT, Suen BY, Wong WWS, Hui AJ, Wu JCY, et al. Celecoxib versus diclofenac plus omeprazole in high-risk arthritis patients : results of a randomized double-blind trial. Gastroenterology 2004 ; 127 : 1038-43.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont à l’origine d’environ 25 % de l’ensemble des effets secondaires médicamenteux. On admet que le coût des complications digestives des AINS atteindrait 4 milliards de dollars aux États-Unis. La prévention de la toxicité digestive des AINS repose sur la coadministration d’IPP ou l’utilisation des inhibiteurs de la cyclooxyénase de type 2 (anti-cox2). Cette attitude est d’ailleurs recommandée par le collège Américain de Rhumatologie chez les malades à risque élevé d’ulcère [1]. Les malades qui ont un antécédent d’ulcère hémorragique sont les plus exposés au risque de récidive si des AINS sont administrés [2]. En revanche, il n’est pas démontré que la coprescription d’IPP ou l’utilisation d’anti-cox2 préviennent efficacement la récidive ulcéreuse. En effet, il a été montré que le risque de récidive d’hémorragie ulcéreuse chez les malades sous AINS associés à un IPP ou un anti-cox2 était identique (5 %) [3]. Les buts du présent travail étaient d’évaluer l’efficacité des anti-cox2 ou des AINS associés à l’oméprazole chez des malades atteints d’arthrite et un antécédent récent d’ulcère hémorragique. Après cicatrisation de l’ulcère, les malades non porteurs d’Helicobacter pylori étaient randomisés en deux groupes, célécoxib (200 mg, 2 fois par jour) plus placebo ou diclofénac (75 mg, 2 fois par jour) plus oméprazole (20 mg par jour) pour 6 mois. Une fibroscopie était effectuée chez tous les malades en fin de suivi et avant, en cas de récidive hémorragique. Sur 259 malades, 222 ont eu une fibroscopie (116 sous célécoxib et 106 sous diclofénac et IPP). La probabilité de récidive ulcéreuse à 6 mois était de 18,7 % dans le groupe célécoxib contre 25,6 % dans le groupe diclofénac plus oméprazole (NS).
La survenue de symptômes dyspeptiques sous traitement, un âge avancé (supérieur à 75 ans) et l’existence de facteurs de comorbidité apparaissaient comme des facteurs de risque indépendants associés à la récidive ulcéreuse. Les auteurs concluent que chez des malades ayant un antécédent d’ulcère hémorragique, le célécoxib ou les AINS associés à l’oméprazole sont associés à une incidence élevée de récidive ulcéreuse. La survenue de symptômes dyspeptiques sous traitement devrait faire envisager une évaluation endoscopique.
Quelques limites méthodologiques doivent être précisées. Bien qu’il n’y ait pas de différence significative entre les deux groupes, le risque de récidive était plus faible dans le groupe diclofénac plus IPP comparé au célécoxib seul.
De même, le rôle délétère de l’aspirine ou du tabac n’a pas pu être mis en évidence dans cette population sélectionnée de malades à haut risque de récidive et en l’absence d’effectifs très élevés. Les données de ce travail doivent être interprétées avec précaution.

Références

1. American College of Rheumatology Subcommittee on osteoarthritis Guidelines. Recommendations for the medical management of osteoarthritis of the hip and Knee : 2000 update. Arthritis Rheum 2000 ; 43 : 1905-15.

2. Garcia Rodriguez LA, Jick H. Risk of upper gastrointestinal bleeding and perforation associated with individual non-steroidal antiinflammatory drug. Lancet 1994 ; 343 : 769-72.

3. Chan FK, Hung LC, Suen BY, Wu JC, Lee KC, Leung VK, et al. Celecoxib versus diclofenac and omeprazole in reducing the risk of recurrent ulcer bleeding in patients with arthritis. N Engl J Med 2002 ; 347 : 2162-4.