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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Carcinome hépatocellulaire sur foie non cirrhotique Volume 7, numéro 1, Janvier-Février 2000

Auteurs
Service d’hépato-gastroentérologie, Hôtel Dieu, CHU, 44035 Nantes Cedex 01. E-mail: gournay@easynet.fr

Les carcinomes hépatocellulaires (CHC) sur un foie non cirrhotique représentent moins d’un quart des CHC dans les pays européens. Par comparaison au CHC associé à la cirrhose, l’âge moyen de leur révélation est plus bas et la prépondérance masculine est beaucoup moins marquée car le sex ratio est de 2:1. Plusieurs facteurs de risque ont été mis évidence : infection par le virus de l’hépatite B ou C, prise d’alcool et prise d’œstrogènes. Cependant, ils semblent nettement moins fréquents que dans les CHC associés à une cirrhose. Par conséquent, il est probable que d’autres facteurs, inconnus jusqu’à maintenant, soient responsables de la survenue de cette tumeur. Les mécanismes de la carcinogenèse ne sont pas établis, mais le développement de cette lésion passe sans doute par plusieurs étapes. La première pourrait être la dysplasie hépatocytaire qui a été fréquemment observée dans le foie non tumoral. Le rôle du virus de l’hépatite B et celui du virus de l’hépatite C ont été sans doute sous-évalués par les études épidémiologiques. Une surcharge modérée en fer, sans association avec les mutations connues du gène de l’hémochromatose, semble être un facteur favorisant. Les CHC sur foie non cirrhotique (CHC-FNC) sont souvent des tumeurs de grande taille. Le stade avancé de la maladie au moment du diagnostic peut s’expliquer par le caractère tardif du diagnostic : en effet, les CHC sur foie non cirrhotique sont le plus souvent révélés par les symptômes liés à la tumeur elle-même et non par des symptômes d’insuffisance hépatique ou d’hypertension portale. Le pronostic de cette lésion est meilleur que celui de la forme associée à une cirrhose. L’exérèse hépatique chirurgicale est actuellement considérée comme le traitement de choix. Elle permet d’obtenir une survie prolongée, 5 ans après l’exérèse, dans 25 % à 45 % des cas.